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PORTRAIT D’ARTISTE : ANNE SYLVESTRE

Anne Sylvestre est sans doute la première, a avoir proposé un répertoire de chansons originales et populaires à destination des enfants. Tout commence en 1962. En marge d’une carrière de chanteuse « pour les grands » (1), Anne propose ses premières Fabulettes au public qui s’enthousiasme pour ces comptines d’un nouveau genre. Steve Waring et Henri Dès, les autres « grands ancêtres » ne débuteront leur carrière jeune public que plus tard.

anne1Le succès des Fabulettes est donc aujourd’hui vieux de plus de 50 ans. Il ne semble pas devoir cesser de si tôt.
La longévité, plus de 50 ans donc, l’abondance, pas loin de 200 titres, la nouveauté du genre, au moins au début, la variété des sujets, des couleurs (humour, tendresse, mélancolie …) et des formes (tantôt des histoires comiques, absurdes, poétiques, tantôt des chansons descriptives ou à thème), la qualité des musiques et des arrangements, les textes remarquablement bien écrits sont autant d’éléments d’explications possibles – des plus triviaux aux plus solides – à ce succès jamais démenti. Certes, tout cela suffit à placer Anne Sylvestre au plus haut dans le palmarès des chanteurs préférés des enfants et de leurs parents.
Mais il y a plus, quelque chose qui, relevant de la façon d’être plutôt que de la façon de faire, de l’émotion plus que du raisonnement, est assez délicat décrire. Je me lance, on verra bien. (2)
Les fabulettes, à mon oreille, coulent de source, elles ne sentent jamais l’effort et les bonnes intentions. Je parierai bien que pour la plupart elles sont venues d’un jet, d’un souffle. Si l’on en croit Baudelaire, le génie, c’est l’enfance retrouvée à volonté. C’est sans doute de cela qu’il s’agit. C’est une enfance avec « des moyens d’adulte » qui s’adresse à d’autres enfants. Du coup, le ton est toujours juste. Rien d’étonnant à ce que la source ne tarisse pas, c’est une fontaine de jouvence. Oui, nous dit Anne Sylvestre, le monde est grand et la vie passionnante, il y a beaucoup à apprendre, mais ne vieillissez pas trop vite, gardez toujours au cœur ce qui ne s’apprend pas (mais se désapprend souvent hélas). Je conseille toujours aux parents de prendre le temps d’écouter les chansons que l’on destine à leurs enfants avec eux, c’est excellent pour la santé. Les Fabulettes en donnent le meilleur exemple. Les adultes qui ont écouté ces chansons quand ils étaient enfants les portent longtemps en eux – il y a d’ailleurs une chanson du répertoire « adulte » d’Anne qui évoque avec humour et tendresse ces « rescapés des fabulettes ».
Pour ce qui est des musiques, elles sont toutes composées par Anne Sylvestre elle-même. C’est bien fait et très homogène, la dame a son style, les enfants l’apprécient. Certaines mélodies un peu complexes ne sont évidemment pas faites pour être reprises en chœur; d’autres au contraire ne demandent qu’à être chantées à tue-tête; la plupart enfin sont plutôt faciles à chanter et à la portée de tout un chacun. Le petit bémol est peut-être qu’au long de ce vaste répertoire on finit par repérer, quelques redondances, quelques redites mélodiques un peu insistantes. Pour qui possède un style bien affirmé et un grand répertoire, c’est un écueil difficile à contourner.

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Les arrangements de François Rauber (3) sont tout simplement géniaux. Un peu daté peut-être, mais sous ma plume c’est plus une marque de nostalgie qu’un reproche. Sa belle inventivité, l’élégance et la précision des interprètes, la qualité du son des orchestres et même la façon d’enregistrer tout ça me surprennent et m’enchantent toujours aujourd’hui.
En marge des fabulettes Anne a créé en 1993 avec Michèle Bernard, sa « sœur de scène », « Lala et le cirque du vent », un conte musical. Plus tard, elle participe au spectacle « Enfantillages » avec Aldebert et quelques autres. Elle participe également à quelques projets jeune public du groupe Les ogres de Barback.
Anne Sylvestre n’a jamais chanté ses Fabulettes sur scène.

(1) : Depuis la fin des années 50 jusqu’à aujourd’hui (chapeau bas !) elle trace une belle route dans les paysages de la chanson française. « On commence à s’apercevoir qu’avant sa venue dans la chanson, il nous manquait quelque chose et quelque chose d’important. » a écrit Brassens au début de sa carrière. On ne saurait mieux dire. Avec sa bonne amie Michèle Bernard et l’exubérante Juliette elle trône au sommet de mon panthéon des grandes dames de la chanson – voilà une tournure joliment « clichée » non ? Mais, hors sujet, je vous raconte ma vie, revenons aux Fabulettes.
(2) : La tentative d’explication de ce je-ne-sais-quoi qui fait la différence que vous allez lire ne correspond sans doute qu’à une perception hautement subjective. Il sera peut-être raisonnable de ne pas trop tenir compte de mes spéculations. Vous jugerez.
(3) : Il a écrit et dirigé les arrangements des Fabulettes des 16 premiers volumes (sur 18). Si vous ne connaissez pas son nom, vous avez forcement déjà entendu son travail : il a été l’arrangeur des chansons de Jacques Brel pendant presque toute sa carrière, il a même composé une dizaine de titres avec lui. Il a accompagné Vian et Gainsbourg et travaillé en tant qu’arrangeur avec Barbara, Moustaki, Aznavour, Juliette et bien d’autres.

Discographie

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Il existe 18 volumes de Fabulettes. Je n’entre pas dans le détail, le répertoire est très homogène et la qualité constante. La plupart des opus sont plus ou moins thématiques : La ville, les animaux, pour les tout-petits, la mer, les couleurs etc.
Sont également disponibles : « Génération Fabulette », un coffret de 40 Fabulettes compilées; un coffret avec un DVD (voir plus loin) et 2 CD (36 chansons) et un coffret regroupant les 18 volumes, « L’intégrale ».

Jacques Haurogné a enregistré deux CD de Fabulettes :

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Jacques Haurogné Chante les Fabulettes d’Anne Sylvestre EPM 2007
14 Fabulettes magnifiquement portées par la belle voix de Jacques Haurogné. Les arrangements sont très bien faits. Ecouter les Fabulettes dans ces habits neufs est un vrai plaisir qui nous confirme ce que l’on savait déjà : les chansons d’Anne Sylvestre sont solides, elles traversent le temps et les modes et, comme celles de Brassens, on peut les interpréter de mille manières, pourvu que le cœur y soit, elles sonneront toujours bien.

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Capitaine Jako (Jacques Haurogné Chante les Fabulettes d’Anne Sylvestre) EPM 2002
17 chansons tirées des Fabulettes sobrement accompagnées par une guitare et quelques chœurs et bruitages. Deux personnages, Jako et Ducorbo dialoguent entre les chansons et déroulent un fil conducteur qui lie l’ensemble. Ce projet a donné lieu à un spectacle crée en 2002.

Enfin deux DVD proposent chacun 18 Fabulettes en dessins animés. C’est joliment fait et très bien adapté aux tout-petits. Des petites scènes inventives illustrent les textes des chansons avec une belle liberté tout en restant fidèle à l’esprit malicieux des Fabulettes.

Toutes les références sont disponibles sur le site d’Anne Sylvestre.

PORTRAIT D’ARTISTE : ALAIN GIBERT

Alain est un explorateur, un curieux, un gourmand. Le jazz, l’Auvergne, la fantaisie, l’improvisation, l’amitié, la fidélité et la moustache sont, entre autres, des repères utiles pour cerner un peu cet étonnant musicien.

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Comme la plupart des musiciens qui proposent des chansons pour les enfants, Alain Gibert n’a pas toujours travaillé en direction de ce public et quand il s’y est mis, il a continué ses projets musicaux foisonnants destinés aux plus grands. (1) Sa rencontre avec Steve Waring dans les années 80 a, semble-t-il, été déterminante et les enfants ont depuis ce temps un nouvel oncle ou un nouveau grand-père, ou mieux, un nouvel ami à leur côté qui invente des chansons hors norme et souvent géniales.
Comme d’habitude, je ne vais pas m’attarder sur la biographie de l’artiste du jour. Une discographie commentée qui donne envie d’écouter leur musique est, je crois, ce qui fait le mieux la promotion de mes chouchous. Toutefois je voudrai dire un mot des qualités humaines attachées au travail d’Alain Gibert. Ses thèmes sont souvent très proches de la simple réalité quotidienne; jamais de grandes envolée lyriques sur les grands thèmes sempiternels (la citoyenneté, les différences, les belles valeurs républicaines, etc.) ou à la mode (l’écologie, les pays du tiers-monde, etc. ) . Même quand il s’échappe au pays de l’absurde, il reste près de nous. Ses compositions et ses arrangements sont parfois déconcertants, mais jamais ésotériques. Sa voix enfin, qui n’est ni très puissante, ni très juste, ni même joliment timbrée est d’une sincérité, d’une simplicité magnifique. Il travaille pourtant avec Steve Waring et André Ricros, des voix solides s’il en est, des amis proches aussi qui sans doute auraient interprété les chansons de ses albums avec plaisir. Mais non, il les chante lui-même, comme il peut et c’est bien comme ça.
En fait, il est assez difficile de déterminer avec précision ce qui donne cette impression de proximité, ce sentiment d’avoir à faire à une « belle personne » généreuse et sincère, enthousiaste et fraternelle. Mais qu’importe, tant pis pour les explications, c’est l’émotion qui compte.

(1) : Pour les curieux, allez faire un tour sur le site inmemoriamalaingibert.fr.

Discographie

Voici maintenant la discographie du bonhomme. Savourez bien ses contes et ses chansons, il n’y en aura plus d’autres. Le 23 juin 2013, Alain Gibert est mort. C’est sans doute pour ça qu’il a tant plu cet été-là.
Je ne présente ici que les CD pour le jeune public. Vous trouverez le reste de sa discographie sur le site inmemoriamalaingibert.fr.

Le roi démonté opéra pour enfants
Alain Gibert et Steve Waring
Auvidis 1992
Les deux compères ont écrit un conte malicieux. Steve le raconte et le chante; Alain a composé les musiques. Un chœur d’enfants et une demi-douzaine de musiciens sont à l’œuvre pour réaliser ce beau projet qui fut d’abord un spectacle avant d’être un disque.

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L’ombre du zèbre n’est pas rayée
Contes nègres de Blaise Cendrars
Abbi Patrix, compagnie du cercle
Auvidis 1993
Avec son collègue Bernard Chèze, Alain Gibert a composé et interprété la musique qui accompagne les 7 contes qui sont l’objet de cet excellent CD. C’est magistral, jamais invasif, toujours au plus près de la narration et quelle musique !

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Pticado
Auvidis 1996

Gibert-Alain-Pticado-CD-Album-263051_ML14 chansons pour un album très personnel. À part Christian Ville à la batterie et aux percussions et Steve et Alice (sa fille) Waring qui sont venus chanter quelques notes, Alain Gibert a tout fait tout seul, paroles, musiques, arrangements et tous les instruments. Pour vous donner une idée de l’univers fantaisiste de maître Gibert, je vous détaille le sommaire de cet opus :

Pticado : Pour encourager à aller sur pot.

Néné : Rien ne va chez ce Néné, les vaches ne savent pas ce qu’elles veulent manger, la mobylette ne sait pas quoi boire pour carburer, la machine à laver ne veut rien laver, la moissonneuse- batteuse ne sait pas ce qu’elle veut moissonnébatter etc.

Petit loup : Une berceuse

Le bain : Boire le shampoing, faire pipi, faire des bulles avec les fesses et puis … Mais qu’est-ce qui flotte dans mon bain ! Pas très ragoûtante la chanson, mais tellement réaliste.

Les bisous : Qu’est-ce qu’on achète pour un bisou ? Une petite chanson de rien du tout.

La soupe : Soyons positif, la soupe c’est bon.

Le Léobard : C’est un conte. Le Léobard est un ogre terrible. Marie et Jocelyn, prisonniers du monstre, aidés par Julie, la femme du Léobard, échappent à la casserole en mangeant des tonnes de soupes aux choux -qu’ils détestent. Mais le Léobard déteste aussi et du coup il ne mange pas les enfants.

Les gros rôts : Sans commentaire.

Balalîn balalon : Une petite merveille surréaliste ou la sonorité des mots compte plus que leur sens.

Le rondeau de Léa : Chanson à danser d’après un thème traditionnel.

Marion : Chanson douce pour préparer la venue du petit frère ou de la petite sœur.

Monsieur Singer : Un peu énigmatique, cette chanson est accompagnée au lithophone (Les pierres qui chantent)

Bonhomme hiver : Chanson d’hiver poétique entièrement construite sur une seule rime (« son ») .

L’inspecteur des bébés : Il se prétend sévère, mais c’est le genre d’inspecteur qu’on aimerait rencontrer plus souvent.

Contes du hasard domestique
Modal 1999contes-du-hasard-domestique

Alain Gibert n’est pas que musicien, c’est aussi un excellent conteur. De sa grand-mère qui lui en a raconté beaucoup (en patois auvergnat) lui vient l’envie de raconter des histoires. Il en propose cinq ici de son invention.
L’album se conclut par un message important à l’adresse des enfants : demandez à vos grands-parents de vous raconter toutes leurs histoires. Ça vous fera un stock de base pour réjouir vos petits enfants. Si vous n’avez pas de grand-mère, Alain Gibert vous prête la sienne !

Chansons à dormir couchées 15 berceuses
Modal 2003

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Cet album écrit à deux voix avec son complice André Ricros – qui chante et compose ses chansons en occitan – est, à mon goût sa plus belle réussite. Nombre réduit d’instruments (trombone, clarinettes, accordéon diatonique, guitare et quelques percussions), des arrangements qui comme un vêtement léger et élégant habillent au mieux les chansons, des textes tantôt joliment poétiques, tantôt franchement loufoques, voilà en quelques mots ce qui attend l’heureux auditeur qui s’abandonnera à ces berceuses. Cela dit, si toutes les chansons abordent de près ou de loin le thème du sommeil, certaines ont un rythme bien enlevé qui ne favorisera guère l’endormissement.

Jean de la grive conte musical
Musique et arrangements : Alain Gibert  / Texte : André Ricros
L’Auvergne imaginée-Victorie musique 2009

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Ce disque est la musique d’un spectacle créé en 2006 à Clermont-Ferrand. 7 musiciens jouent, chantent et racontent cette histoire un peu folle. C’est à partir de 6 ans qu’on l’appréciera.
Le conte a de nombreux ingrédients traditionnels : trois frères pour une princesse à marier, un roi, des épreuves, un monstre (le dinocroserpentiyo) qui terrorise la région, un sorcier, une fée, etc.
La musique de maître Gibert est interprétée principalement par des instruments à vent : trombone, saxophones, clarinette, ophicléide, mélodica, cabrette. Un excellent batteur, un poil de guitare basse et voilà.

Catherine Paris chante Madame la poule
L’Auvergne imaginée 2011

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(1) : A qui l’on doit « Petite alouette » et « Belles pommes d’or », deux albums sublimes. Je leur ai consacré une chronique au rayon « discothèque idéale ».

Par ailleurs, Alain Gibert a participé de façon déterminante à presque tous les disques de Steve Waring. Outre son travail de musicien interprète – trombone, balafon, guitare, percussions, mélodica et j’en passe – il participe aux arrangements et écrit une partie des textes et des musiques. Il prend même la direction artistique sur certains albums « Le colporteur », « Pouce » ou « rond pays » par exemple.

PORTRAIT D’ARTISTE : VINCENT MALONE LE ROI DES PAPAS

Au sujet des crottes de nez
Introduction que l’on peut passer si l’on sent qu’on ne va pas avoir le temps de lire toute la chronique

Pipi, caca, prout, vomi et crotte de nez. Chacun sait que les enfants s’intéressent (parfois se passionnent) à ces sujets dégoûtants, scatologiques, pas beaux et beurks. Faut-il en parler dans les chansons pour enfants ? Si oui, comment, pourquoi, un peu, beaucoup ? Le débat ne date pas d’hier et il reste aujourd’hui toujours aussi passionné.
Il serait vraiment injuste de réduire le travail de l’artiste du jour à ces préoccupations mais si vous avez besoin d’un exemple franc, massif et emblématique des tenants du « Allons-y sans complexe » ne cherchez plus, c’est lui le champion incontesté de la discipline.

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Maintenant la chronique pour de bon

Toutes les chansons du roi des papas à très peu d’exceptions près sont placées sous le signe de l’humour. Pas l’humour standard et bon enfant omniprésent dans la production contemporaine de chansons « jeune public », non, non, rien à voir. L’humour de Vincent Malone est absolument unique. Du coup – c’est souvent comme ça quand on a un humour très personnel – son public se divise, en gros, en deux catégories : les fans et ceux qui n’aiment pas du tout.
Sa belle voix, tant parlée que chantée, est reconnaissable entre toutes. Chaude et solide, à son écoute un charme opère qui lui permet de vous assener les pires horreurs sans que vous bondissiez outré par une telle audace. Au contraire, vous attendez la suite avec impatience. Moi en tout cas ça me fait ça.
Les enfants, on s’en doutait un peu, sont très friands de ces transgressions (gros mots, scatologie, dérision etc.) à répétition. Tiens en parlant des enfants, on en entend quasiment jamais sur ses CD. Par contre, le roi des papas sait s’entourer de chanteur+ et de comédiens hors pair. Lui même se glisse dans la peau de nombreux personnages. La plasticité de sa voix est assez étonnante.
Les musiques, impeccablement interprétées, sont presque toujours évocatrices de styles particuliers. Souvent de façon parodique, bien entendu.
Bon, assez de généralités, passons à l’essentiel : la discographie commentée.

Discographie

Je m’en tiens aux 7 CD de chansons auquel j’ajoute « Les plus jolies chansons de notre enfance », livre-disque grand format. Le reste de la discographie jeune public de Vincent Malone est donnée en post-scriptum.

Le roi des papas Vincent Malone chante des chansons
Victor mélodie 1991
C’est son premier album. Le ton « décalé » est donné d’emblée (« L’ours qui pète et qui rote », « La patouille », « Moi je aime » entre autres). Pour la musique, on constate tout de suite que le bonhomme n’est pas un débutant, ça sonne très bien, c’est inventif et varié. Il faut dire que Vincent Malone est venu à la chanson pour enfants après avoir longtemps chanter pour les grands.

Super papa Vincent Malone chante encore des chansons
VM/ Fairplay 1993- Naïve 2004
Encore un bon opus avec un florilège de style musicaux toujours aussi bien maitrisés. C’est dans cet album que j’ai trouvé ma préférée « L’araignée du tiroir ». A noter aussi « L’histoire du père Gaglu », Vincent Malone est un conteur hors pair avec un style, on s’en doutait, bien à lui.

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Contes comptines et autres chant de Noël
Naïve / Auvidis jeunesse 2000
32 chansons et contes traditionnels copieusement détournées.
Soit le texte est transformé : »Dansons la capucine y’a pas d’travail chez nous, y’en a plein à l’usine mais ça n’est pour nous » ou « Coliques dans les prés surgissent, surgissent, coliques dans les prés, je n’ai plus de papier » -oui, il va jusqu’à là !
Soit le texte est laissé en l’état mais c’est l’interprétation ou une chute incongrue qui change tout : « J’ai perdu le do de ma clarinette, ah si papa … T’as regardé sous ton lit ?  » ou « Dans la forêt lointaine » ponctuée avec tout un tas de cris d’animaux bizarres – sauf le coucou bien entendu.
Ou encore un mélange de deux chansons: « A la claire fontaine » et « Gentille alouette » par exemple.
C’est plus pour les grands que pour les tout-petits, c’est un humour noir et décapant plutôt « franc et massif ». Comme toujours avec « Le roi des papas » les arrangements sont bien faits, bien joués, bien enregistrés. Le sens aigu de la parodie du bon roi trouve avec ce répertoire sans cesse ressassé (Douce nuit, cadet Rousselle, gentil coquelicot etc.) un parfait terrain de jeu.
Reprendre les chansons du répertoire traditionnel dans des styles musicaux de toutes sortes est devenu presque un passage obligé pour les « artistes jeune public » et ça lui fait du bien à ce répertoire. Il reste vivant et c’est tant mieux. Mais ce n’est pas ce dont il s’agit ici. C’est plutôt un vigoureux et tonique irrespect. Ca fait du bien aussi.

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Vincent Malone chante tes chansons à toi
Naïve / Auvidis jeunesse 2001
A la demande du roi des papas des enfants ont envoyé sur son site internet des textes pour faire des chansons. Sa majesté a trié, adapté et mis en musique ces petits morceaux de littérature, il a aussi ajouté quelques chansons de son cru. Au final 28 plages (certaines très brèves) qui vont de la plus douce tendresse ( » La reine des maman »), au plus « beurk façon roi des papas » (« La cantine », « Limonade et haricots ») en passant par de jolis moments d’absurdité (« La fourchette »), de pure poésie (« Château, rivière ») ou de franche rigolade (« Musicalculette »).
Le livret donne les textes de base des enfants. Le lecteur/auditeur curieux découvre ainsi de quelle façon le roi des papa a fait sa tambouille. Moi, j’ai trouvé ça très intéressant.

En voiture avec le roi des papas
Naïve / Auvidis jeunesse 2003
C’est un de mes albums fétiches, j’en ai parlé en détail dans une chronique de « La petite collection de curiosité ». Rendez-vous dans les archives.

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Le roi des papas en conserve
Leroidelaprod Naïve 2005
C’est l’album « Live » (l’enregistrement d’un concert en public pour les non-anglophones) du roi des papas. Il est très réussi. Je précise parce que, dans le domaine de la chanson pour enfants, c’est loin d’être le cas général.
Au programme, 21 chansons choisies dans tout son répertoire. Un choix plutôt « gratiné ». A l’exception de trois douceurs (« L’araignée du tiroir », « La reine des mamans » et « Les fantômes ») c’est très « Roi des papas chanteur décalé ». Certains titres sont très parlant à cet égard : « Merdocu », « Colique dans les prés », « D’où vient le vomi », « Les claques ». Les musiciens sont très bons, Vincent Malone est drôle, mordant et sympa : les concerts, visiblement, sont tout à fait dans l’esprit des enregistrements. Ca donne envie d’aller y faire un tour. Pour les dates et les lieux des prochains concerts allez donc faire un tour sur site « drôle, mordant et sympa » du Roi des papas.

Les plus jolies chansons de notre enfance
Panama 2005 leroidelaprod 2010
C’est le deuxième lot de chansons traditionnelles populaires du répertoire enfantin après  » Contes comptines et autres chant de Noël ». Tout à fait dans la même veine, il y a même quelques chansons communes aux deux albums.
66 chansons, traditionnelles donc, copieusement détournées dont 34 enregistrées sur le CD, pour les autres, juste le texte. Album grand format.

Le cabaret magique du roi des papas
Naïve 2008
14 chansons sur tous les grands sujets de la vie du Big Bang au Bang Bing (la fin du monde selon Malone) : la vie de couple au jardin d’Eden, les dinosaures, l’évolution, les abeilles, la naissance, les jeux des tout-petits, le travail, l’argent, les médicaments, le corps humain, l’amour. Ce dernier thème est abordé dans « Les princes et les princesses » une chanson un peu façon « guimauve Walt Disney » qui ne ressemble guère au style habituel du bon roi. Elle est renvoyée en toute fin d’album après la petite chanson d’au revoir. On ne sais trop quoi penser, vous jugerez par vous-même.
« Les médicaments », « Le corps humain », « Dehors ou dedans » sont mes préférées après « Les ombres chinoises », petit bijou plein de tendresse comme Vincent Malone sait les distiller de loin en loin. Les musiques sont globalement festives – c’est un cabaret – et comme toujours très bien faîtes.

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Post-scriptum
Qu’on peut ne pas lire si effectivement le temps manque pour une lecture intégrale

Le bonhomme est prolixe. Il a réalisé (parole, musique et narration), toujours chez Naïve, une dizaine de petits CD-livres très drôles: Les contes mélangés. Le principe et toujours le même: après une petite introduction passablement hirsute le roi des papas, entouré d’excellents comédiens, raconte une histoire à sa façon. Il choisit des personnages et de situations rencontrés dans les contes célèbres (le petit chaperon rouge, la petite sirène, le chat beauté etc.) puis il mélange, détourne, s’amuse, délire et au final, comment dire … Le mieux c’est d’en essayer un – vous trouverez ça dans toutes les bonnes librairies et bibliothèques – et vous verrez bien ce que ça donne. Le conte est résumé dans un chouette chanson à la fin du CD. Si les histoires racontées vous ennuie et que vous ne jurez que par les chansons, celles qui terminent chaque conte (en beauté, croyez-moi) sont compilées sur un chouette CD : Les héros des contes en chanson
Deux autres contes ont été édités sur des CD à part : Le petit chaperon de ta couleur 2004 et Cochon neige 2004. Ils sont tout à fait dans la veine des contes mélangés.

Enfin sachez que Vincent Barres (c’est sont vrai nom) a écrit et chanté aussi des chansons pour les grands.

PORTRAIT D’ARTISTE : LES OURS DU SCORFF

 Au sujet des nouveautés

(Introduction que l’on peut passer si l’on sent qu’on ne va pas avoir le temps de lire toute la chronique)

Le groupe dont je vais parler aujourd’hui n’existe plus depuis plusieurs années. Ses productions sont heureusement encore disponibles – en particulier sur le site de Keltia musique (le producteur de tous les albums sauf du premier) mais aussi bien sûr dans les bibliothèques et sur le marché de l’occasion.

scorffL’attrait pour la nouveauté est un moteur essentiel de l’économie d’aujourd’hui. Notre société de consommation n’a que faire des productions d’hier, il lui faut du neuf en permanence. Le monde de la musique et en particulier l’industrie de disque est victime de cette malédiction – car s’en est une, indiscutablement ! La catégorie « jeune public » n’y échappe malheureusement pas plus que les autres.
Mais la nouveauté n’est en aucune façon un gage de qualité. Dans mes chroniques je ne tiens pas compte des dates de publication. Ne chroniquer que des nouveautés n’est bien entendu pas un problème en soi, c’est même la pratique générale. Mais qui, à part quelques spécialistes, peut prétendre à une parfaite connaissance des CD de musique pour enfants parus ne serait-ce que ces dix dernières années ? Aussi, si je chronique beaucoup de CD déjà un peu « vieux », ça n’est pas parce que je considère que les productions du moment sont moins bonnes que celles du passé mais c’est plutôt pour conjurer la malédiction que j’évoquais plus tôt et donner, modestement, un second souffle à des CD qui m’ont plu et que j’ai envie de faire découvrir. Souvent, le tempo actuel, qui veut qu’au bout de quelques mois un CD soit oublié au profit de ceux qui arrivent aujourd’hui, ne leur permet pas de rencontrer une audience aussi large qu’ils mériteraient.

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Maintenant, la chronique pour de bon.

Au milieu des années 90, les chanteurs de musiques traditionnelles Gilbert Bourdin et Laurent Jouin se sont lancés avec bonheur dans la chanson pour enfants. Leur musique qui mêle les traditions bretonnes, cajuns et irlandaises est portée par d’excellents musiciens de la scène traditionnelle bretonne : Franch Landreau, Soïg Sibéril, Jacques Yves Réhault et quelques invités de marque. Autant le dire d’emblée : « ça joue comme il faut ». Pas de déballage d’instruments exotiques, pas de synthé non plus. Guitare, violon, banjo, mandoline, flûtes avec, ici ou là, une touche de bouzouki, un air d’accordéon, un soupçon de piano, contrebasse et percussions. Pas de démonstration de virtuosité non plus mais une musicalité toujours a propos au service des chansons et des arrangements efficaces et jamais chargés.

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A quelques exceptions près, tous les textes et toutes les musiques sont des compositions originales. Chantées avec une bonne pointe d’accent breton (de quelle partie exactement de la Bretagne, ça, je ne suis pas assez connaisseur pour le dire) les chansons donnent souvent envie de danser et de chanter. Il y a presque toujours, comme souvent dans les chansons (ici d’inspiration) traditionnelles, des phrases répétées et/ou un petit refrain facile à chanter. Les formes énumératives, toujours prisées par les enfants, ne sont pas rares.
Les textes, malicieux et gourmands de (jeux de) mots, sont bien écrits. Beaucoup d’histoires fantaisistes, des situations incongrues ou, au contraire, très quotidiennes, quelques berceuses, quelques danses. La poésie est plus souvent surréaliste que lyrique. Pas de polyphonie et d’arrangements compliqués mais des mélodies franches et limpides presque toutes inspirées par les chansons traditionnelles.
Bref, celtiques, populaires, fantaisistes et contagieux ces ours-là ont toute leur place dans la discothèque de vos enfants. Et ces petits airs, un brin lancinants parfois, trotteront aussi bien dans la tête des adultes que dans celle des enfants.

DISCOGRAPHIE

L’ensemble des CD est d’une remarquable homogénéité : une quinzaine de titre avec sur chaque album, ici ou là une pièce instrumentale ou une chanson traditionnelle – parfois en breton. Les musiciens (permanents et invités) sont fidèles et le son du groupe et les arrangements, sont, tout en étant assez variés, très cohérents. Un style se dégage. Mêmes les livrets ne varient pas, en gros : une photo du groupe, les textes des chansons, les crédits et toujours la même conception graphique de Bernard Collet.

1994 : Les ours du Scorff (Avidis/Naïve) Epuisé, donc pas facile à trouver !
1995 : La maison des bisous (Keltia musique)
1998 : Le grand bal (Keltia musique)
2000 : Le retour d’Oné (Keltia musique)
2002 : Le plus-mieux (compilation) (Keltia musique)
2005 : La bonne pêche (Keltia musique)

A quoi s’ajoute un livre « Le restaurant du verluisant »

PORTRAIT D’ARTISTE : Hervé Suhubiette

Hervé Suhubiette est auteur, compositeur, interprète. Amoureux des mots, jazzy en diable, il navigue avec une belle liberté entre humour et poésie. Ces chansons s’adressent plutôt aux « grands », disons à partir de 7 ans. A vrai dire j’hésite à en dire beaucoup plus à son sujet. Pas par flemme, non, mais plutôt parce que ses chansons, souvent à la première personne, le présentent mieux que je ne saurais le faire – sans parler de son site internet très complet et très généreux.

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Un mot quand même sur la musique. Entouré d’une équipe fidèle autant que talentueuse Hervé propose des mélodies et des harmonies subtiles, un poil sophistiquées parfois, en tout cas jamais « plan-plan ». Aucune concession à la mode, pas de ritournelle simplette et déjà mille fois entendue. Peu ou pas de voix d’enfants sur les disques mais qui a dit que c’était obligatoire ? En fait, rien ne manque et surtout pas le style. Que ce soit pour l’écriture (texte et musique) ou pour l’interprétation nous avons à faire à un artiste exigeant et singulier. Tant mieux, ça n’est pas si fréquent.

Discographie

La java des couleurs
Auvidis 1996
Réédition Naïve 2002
Très bon album écrit, composé et interprété en duo avec Catherine Vaniscotte. 13 chansons, une recette-incantation, un dialogue et deux plages instrumentales du meilleur tonneau autour du thème des couleurs. Textes, musiques et interprétations (chanteur et musiciens) sont comme toujours chez Monsieur Suhubiette d’excellente qualité. Livret avec toutes les paroles.

La grande évasion
Harmonia mundi 2002
Réédition 2011 en livre-cd avec de nouvelles illustrations et une histoire
C’est mon préféré, je vous en ai déjà parlé en détail dans la série « La discothèque idéale de Monsieur Mandarine ». Rendez-vous dans les archives.

Quartier libre
2006 L’autre distribution
12 belles et bonnes chansons. L’artiste est bien entouré, musiciens, paroliers et compositeurs sont irréprochables. Elise Caron, Catherine Vaniscotte, Michèle Bernard et Jehan ont prêté leur voix pour quelques chansons. Ca parle de gens, de liberté, de plumes, du feu, du vent. C’est bourré d’humour et d’émotions. Très chouette livret avec les paroles. Ma préférée ? « La goualante des gardiens de musée ».

Tremblements de tête
Harmonia mundi 2010
Didier jeunesse 2010 pour le cd-livre
Son album le plus personnel, il a écrit tous les textes et toutes les musiques à l’exception de « Fragile » texte dit sur la danse roumaine n°2 de Béla Bartok. Tout est à la première personne c’est un peu un portrait, une autobiographie en chanson et comme souvent quand c’est sincère, quand c’est bien fait « ça parle » à tout le monde … adultes compris. J’aime particulièrement « Pour entrer dans ma tête », « Ma grand-mère est au ciel », « On voyage ».

Pas vu pas pris
Didier jeunesse 2014
Un CD livre joliment illustré; 15 chansons assez brèves (huit d’entre elles font moins de deux minutes et le total fait 28 minutes); deux musiciens pour accompagner la voix d’Hervé – ça peu sembler maigre mais vu la qualité de ces accompagnateurs, rien ne manque. Pour une fois mister Suhubiette n’a pas écrit les textes (ils sont de Bernard Friot), se contentant des musiques et de l’interprétation. Son style se déploie une fois de plus dans toute sa singularité. Pour les arrangements de ces chansonnettes, il s’est beaucoup amuser à créer des polyphonies en enregistrant plusieurs fois sa propre voix – quitte à aggraver le chômage chronique des choristes …

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Monsieur Offenbach à la fête
Didier jeunesse 2011
Un beau livre disque qui présente sous la forme d’un opéra bouffe en un acte la vie et l’univers musical de maître Offenbach. Texte de Gille Avisse, le récitant n’est autre qu’Olivier Saladin . Les musiques (d’Offenbach donc) sont orchestrées et dirigées par Hervé Suhubiette. Et devinez quoi, c’est vraiment très bien fait. On s’y attendait un peu. Reste à aimer l’opérette.

Rira bien qui rira le dernier
Didier jeunesse 2008
Trois bonnes histoires à lire et à écouter – c’est un livre cd.
En introduction de chaque histoire Hervé Suhubiette décline sa chanson « Il était une fois » (La première de l’album « La grande évasion »)

Chansons pour fêter noël
Didier jeunesse 2011
Sur cette compilation Hervé chante « Vive le vent » de Francis Blanche et Rolf Marbot (vous saviez ça ?) et « Noël c’est comme un rythme de jazz ».

Notez enfin que Mister Suhubiette chante aussi pour les grands – ses chansons à lui mais aussi Brassens et Nougaro.

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PORTRAIT D’ARTISTE : TARTINE REVERDY

Tartine, c’est parait-il son vrai prénom, est alsacienne et musicienne. Elle écrit la musique et la plupart des textes de ses chansons. Elle les chante aussi et de quelle façon ! Sa voix – couleur, grain, émotion – ne ressemble qu’à elle.

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Elle chante à la première personne ses rêves, ses colères, ses désirs, ses rencontres, ses fantaisies, son amour de la nature. Son humour n’est jamais lourd, l’expression des émotions jamais mièvre. Son répertoire s’adresse plutôt aux « grands »- disons à partir de 6 ans – et souvent on se dit que certaines chansons pourraient taper dans le mille du cœur des « encore plus grands » – disons les « préados ». Cela dit, mes enfants (3 et 5 ans au moment où j’écris ces lignes) sont d’authentiques fans.

Tartine (qui joue du piano et de l’accordéon) a bien de la chance d’avoir trouvé des complices aussi talentueux que Anne (Anne List : contrebasse, basse, trompette et chant) et Joro (Joro Raharinjanahary: guitare, percussions et chant). Le trio, qui arrange et interprète toutes les chansons, a vraiment « une patte », un style bien à lui : jamais chargé – peu de parties instrumentales mais les bonnes !- très précis, inventif avec pas mal de belles polyphonies vocales et beaucoup d’humour.

S’il fallait résumer l’univers de Miss Reverdy en une phrase, je dirais qu’elle écrit des « chansons pour ». Plutôt que de passer son temps à s’apitoyer sur le monde qui va mal, ou de regarder ailleurs en chantant des jolies histoires sans prise avec le réel, Tartine cherche dans son cœur et dans le monde ce qui peut rendre la vie plus belle. Je pense en l’écoutant à ces phrases magnifiques d’Italo Calvino:  » L’enfer des vivants n’est pas chose à venir, s’il y en a un, c’est celui qui est déjà là, l’enfer que nous habitons tous les jours, que nous formons d’être ensemble. Il y a deux façons de ne pas en souffrir. La première réussit aisément à la plupart : accepter l’enfer, en devenir une part au point de ne plus le voir. La seconde est risquée et elle demande une attention, un apprentissage continuel : chercher et savoir reconnaître qui et quoi, au milieu de l’enfer, n’est pas l’enfer, et le faire durer, et lui faire de la place. »

Cette seconde voix, qu’assurément elle choisit de suivre, donne à son travail un élan vital irrésistible. Les enfants, toujours du côté de la vie, y sont bien entendu très sensibles. Quant aux adultes, gageons qu’à l’écoute des chansons de Tartine ils retrouveront assez d’enfance en eux pour se laisser contaminer par cette belle énergie positive.

Discographie

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A la fraîche … chansons intimes
1999
Premier album de Tartine, ça n’est pas encore de la musique pour enfants. On y découvre les chansons poétiques d’une jeune femme que la première personne n’effraie pas. L’instrumentation est sobre : piano ou accordéon soutenus par la contrebasse complice de Brigitte Radal.

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Chacun comme chez soi
Là-haut production 2003
Enregistré au festival Summerfield en aout 2002
Ce CD « en public » est malheureusement indisponible. Les sept extraits de chansons que l’on peut entendre sur le site de Tartine nous font bien regretter cette absence. Allez Là-haut Production, un beau geste, rééditez-le !

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Madame je veux
Là-haut production 2006
15 chansons bien écrites, bien arrangées, bien interprétées.
Un joli digipack jaune avec un livret tout aussi jaune où l’on trouve les paroles des chansons.
La moitié des textes sont écrits en collaboration avec Véronique Borg. Il y a plein d’enfants sur le disque.
Mes titres préférés: « Un petit homme » (un bijou), « Une belle kalash » (sortez vos mouchoirs, moi, ça m’a pris à la gorge), « Pas d’pot », « Si beau, si bon ». A noter la joyeuse combinaison trio de kazoo /castagnettes sur « Inspectrice en frigidaires » (une chouette chanson)

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Rouge tomate
Là-haut production 2009
C’est mon Tartine préféré, je vous en ai déjà parlé en détail dans la série « La discothèque idéale de Monsieur Mandarine ».

c'est très bien de tartine reverdy

C’est très bien
Là-haut production 2012
C’est aux deux tiers une compilation : 2 chansons de « Chacun comme chez soi » (avec de nouveaux arrangements très réussis), 4 de « Rouge tomate », 4 de « Madame je veux ». Les six chansons inédites sont … très bien.

www.tartinereverdy.com
http://tartine.reverdy.free.fr

L’une ou l’autre de ces adresses vous conduiront vers le joli site de la compagnie. Vous y découvrirez que Tartine Reverdy propose aussi des spectacles et des ateliers autour de son répertoire.

Vous pouvez aussi la rejoindre sur facebook : tartine reverdy-compagnie