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PETITE COLLECTION DE CURIOSITE : LA FABRIQUE A COMPTINES / LE GROUPE ENFANTILLAGE

La fabrique à comptines
13 comptines chantées par Luce

Luce, une lauréate de « la nouvelle star » (1), interprète 13 comptines parmi les plus connues (Le grand cerf, La souris verte, Demoiselle coccinelle, etc.). Elle est accompagnée, et c’est là tout l’intérêt de ce disque, par Male Instrumenty. Kézako ? Male Instrumenty (2) est un groupe décalé de 5 musiciens polonais qui n’utilisent que des instruments miniatures et des jouets instruments. Ils jouent généralement pour les adultes, c’est leur première contribution à la chanson pour enfants. Au vu du résultat, gageons que ça ne sera pas la dernière. Excellents musiciens, brillants arrangeurs, ils plongent ces 13 comptines  archiconnues  dans un bain musical des plus réjouissant. Ça sonne bigrement bien, c’est très drôle, très impertinent et parfaitement maîtrisé, même la fausseté assez radicale de certains instruments est exploitée avec à propos.
Les versions instrumentales, regroupées en fin de disque sont le trésor de cette fabrique à comptines. 13 miniatures délicates et malicieuses, petits bonbons musicaux qui ne sont pas sans rappeler les fantaisies de l’excellent Pascal Ayerbe (à qui j’ai consacré une de mes premières chroniques, http://assomandarine.fr/petite-collection-de-curiosites-gribouillis-de-pascal-ayerbe). Ces plages ne sont pas à proprement parler des bandes-son, il n’y a pas de guide chant. Bien malin qui chantera les comptines dans ces conditions. Mais qu’importe, il faut les écouter comme autant de petites pièces d’humour musical.
Voilà, c’est dit. La Pologne a la réputation d’être un pays de vodka au destin souvent tragique (oh ! l’énorme raccourci !). C’est aussi le pays de Male instrumenty. Bravo.

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La fabrique à comptine
13 comptines chantées par Luce
Les éditions éveil et découverte 2012

(1) : Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit de l’émission de M6 du type « temps de cerveau disponible pour Coca-Cola ».
(2) : Plus d’infos (ils passent parfois en France) sur maleinstrumenty.pl

Enfantillage

Normalement, je ne devrais pas vous en parler. Les CD d’Enfantillage sont aujourd’hui à peu près introuvables sauf dans les sections musique jeunesse de quelques bibliothèques. Mais c’était quand même vraiment très bien. Alors bon, au cas où …
Les textes malicieux de la chanteuse Doninique Flaux, toucheront à coup sûr les petits, disons à partir de 3/4 ans. Ça parle d’eux, de leurs petits tracas et leurs petits bonheurs de tous les jours, de leur monde imaginaire – qui empiète si souvent sur la vie réelle (ou est-ce le contraire ?), de leurs émotions, leurs émerveillements, leurs petites révoltes.
Pour la musique, ça sonne très années 80 – plus Gotainer qu’Indochine. Les musiciens sont excellents et les arrangements de Gérard Yon très riches et inventifs en diable. On notera parmi les invités la présence de Laurent Dehors aux saxophones et de Bernard Cochin à la contrebasse, du beau monde. La voix de Dominique Flaux, elle aussi très année 80 est solide et généreuse, très directe et sans la moindre afféterie.
Il n’y guère d’équivalent aujourd’hui. Les groupes et les chanteurs qui s’adressent aux « petits » n’ont que rarement toutes ces qualités réunies : une musique de grande qualité et en prise avec « l’air du temps » d’une part et des textes adaptés à la tranche d’âge et originaux d’autre part. De nos jours c’est, la plupart du temps, l’un ou l’autre : soit une très bonne interprétation rap ou jazz ou ce que vous voulez de … « Une souris verte » etc. , soit des textes originaux gnangnan sur des musiques plan-plan (parfois hélas c’est même  » Bateau sur l’eau » avec un arrangement moche et chanté faux !)
Je concède que pour Enfantillage, les pochettes des CD ont vieilli et qu’il faut aimer un minimum le style années 80. Quoiqu’en y repensant, j’ai plutôt tendance à ne pas beaucoup aimer tout ce qui vient de cette décennie vulgaire, mais là, j’adore. Bon, le plus simple, comme toujours, c’est de vous faire une idée par vous-même… à condition de trouver les trésors en question.

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Bleu calin
Arc en ciel 1993

 

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Cachette secrète
Arc en ciel 1995

PETITE COLLECTION DE CURIOSITÉS : LE QUÉBEC

Avant propos que l’on peut passer si l’on sent qu’on ne va pas avoir le temps de lire toute la chronique

Les enfants sont souvent très friands de chansons traditionnelles. Que l’on songe par exemple au beau succès des CD de Frédéric Paris, « Petite alouette » et « Belle pomme d’or » – vous en trouverez une chronique dans les archives -, aux Ours du Scorff (http://assomandarine.fr/portrait-dartiste-les-ours-du-scorff) ou au travail du Groupe Tournevire, sans parler bien sûr des nombreux CD autour des chansons du patrimoine – dont vous obtiendrez une sélection dans la chronique « Connaissez-vous bien les chansons du patrimoine ».

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À part un CD de contes traditionnels, je ne présente dans cette chronique que des albums de chansons pour enfants « d’auteurs », Gilles Vigneault, La bolduc, Daniel Lavoie, etc. Mais, vous le savez sans doute, le Québec, îlot francophone perdu au nord des vastes Amériques, recèle dans sa mémoire un trésor de chansons traditionnelles à faire pâlir les régions françaises les mieux dotées. Ce patrimoine est aujourd’hui on ne peut plus vigoureux. De nombreux musiciens en effet font vivre ces chansons de mille manières, tantôt très respectueux de la tradition, tantôt plus novateurs. Michel Faubert par exemple les revisite avec un « band » de rock, Les charbonniers de l’enfer les chantent uniquement a cappella, La bottine souriante adjoint des cuivres aux instruments traditionnels.. Des Iles de la Madeleine aux cantons de l’est, de la Gaspésie à Joliette la coquette, la belle province fourmille de groupes de grande qualité dont la production discographique pléthorique, si elle traverse difficilement l’océan, est quand même disponible dans les bonnes médiathèques, chez quelques irréductibles disquaires et à présent sur l’incontournable Internet.

Maintenant, la chronique pour de bon

Aussi riche que soit le monde de la chanson pour enfants en France, un petit détour par les pays (ou provinces) francophones  au-delà  de l’hexagone est toujours tentant. Laissons-nous tenter !
Il y les voisins proches, belges et suisses, les nombreux pays africains qui chantent (aussi) en français, des îles lointaines, quelques petits coins d’Asie, la Louisiane… Le Québec sera le premier à être exploré dans ces chroniques. Simplement parce que de tous les coins francophones du monde c’est mon chouchou.
Voilà une petite sélection de CD qui j’espère vous donnera des envies de voyage. Vous le savez, ces chroniques sont régulièrement mises à jour. Cette sélection est donc amenée à s’étoffer au fil du temps. Si vous avez des suggestions…

Un trésor dans mon jardin

Un trésor dans mon jardin
Chansons, contes et comptines de Gilles Vigneault
Pour un trésor, c’est un sacré trésor. Une dizaine de chanteurs et de musiciens se sont réunis pour interpréter 12 chansons pour enfants de Gilles Vigneault et deux de ses petits contes (« Le réverbère » et « Un soir d’hiver »). Pour les plus connus du public français, citons Daniel Lavoie, Lynda Lemay, Richard Desjardins, Michel Rivard (c’est à lui que l’on doit le fameux phoque en Alaska). Les amateurs de musiques traditionnelles retrouveront avec plaisir Michel Faubert et Yves Lambert.
Les arrangements sont très bien faits et les belles chansons de Gilles Vigneault, drôles, tendres et poétiques sont, comme on dit, bien servies.
Comme toujours avec les CD aux multiples interprètes chacun aura ses préférés, mais l’inspiration de Gilles Vigneault et la très bonne direction artistique conserve à l’ensemble une belle homogénéité.

un dimanche à kyoto

Un dimanche à Kyoto
Chansons, contes et comptines de Gilles Vigneault
Même chose que pour « Un trésor dans mon jardin » : des chansons de Gilles Vigneault pour les enfants interprétées par différents chanteurs (pas les mêmes, cette fois il y a entre autres Garou et Jessica Vigneault, la fille de Gilles, qui a composé quelques musiques avec son papa). L’équipe de musiciens est toujours aussi efficace et c’est très bien enregistré. Le format livre-disque vaut la peine : les illustrations de Stéphane Jorisch sont très chouettes.

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J’ai un bouton sur la langue
Chansons de la bolduc
La Bolduc, de son vrai nom Mary Travers (1894-1941) fut la première grande vedette du disque au Québec dans les années vingt. Ses chansons humoristiques réjouissent encore aujourd’hui les grands comme les petits. Pour les non-initiés au parlé québécois, il faut bien tendre l’oreille et avoir recours au livret – très joliment illustré – où l’on trouve tous les textes et la traduction des mots les plus « exotiques ». Bïa, Florence K, Geneviève Bilodeau, Gaële et Jorane, cinq chanteuses québécoises plus ou moins connues dans l’hexagone, interprètent avec talent les 11 chansons de l’album. L’accompagnement musical est d’excellente qualité. Un régal pour toute la famille.

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Laissez le bon temps rouler !
Une compilation de 10 chansons bien enlevées empruntées à la collection de livres-disques par La montagne secrète. C’est très québécois, parfait pour faire connaissance avec nos cousins d’outre-Atlantique.

Ces quatre CD-livre (ou CD tout simple, les deux versions existent) sont édités pas La montagne secrète. Pour en savoir plus et découvrir d’autres trésors québécois, allez donc faire un tour sur leur site www.lamontagnesecrète.com

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La grande forêt du roi contes du Québec
Michel Faubert L’autre label 1994
Depuis de nombreuses années, Michel Faubert s’attache à faire vivre le répertoire des chansons traditionnelles québécoises. Il a enregistré de nombreux CD avec son groupe et avec Les charbonniers de l’enfer, un quintet de chanteurs traditionnels a cappella. C’est un excellent chanteur, mais aussi un très bon conteur. Dans « La grande forêt du roi » vous entendrez les deux : 5 chansons et 4 contes. Les contes en particulier sont un délice pour nos oreilles françaises. Outre l’accent, le vocabulaire, les expressions et les tournures de phrases font pétiller les récits. Le bonhomme ne s’embarrasse pas de sons d’ambiance ou d’accompagnement musical : les chansons comme les contes ne sont portés que par sa seule voix. Cette façon de faire donne un sentiment de proximité, comme si, à la veillée un ami était venu passer un moment avec vous pour chanter et raconter des histoires. Occasion pas si fréquente par les temps qui courent ! A saisir donc !

Post-scriptum
que l’on peut passer si effectivement on a pas le temps de lire toute la chronique

Si vous aimez le chanteur Daniel Lavoie (qui n’est pas québécois mais est né dans une communauté francophone du Manitoba, état anglophone du Canada), sachez qu’il a enregistré deux CD de chansons pour enfants : « Le bébé dragon 1 et 2″. Il en a composé la musique et écrit une bonne moitié des textes.
Enfin, il existe un CD de Félix Leclerc qui s’appelle « Félix Leclerc chante pour les enfants ». C’est en fait une compilation de ses chansons qui évoquent l’enfance soit par le sujet soit par la forme, mais pas vraiment des chansons pour enfants à proprement parler.

PETITE COLLECTION DE CURIOSITÉS : A TOUS LES ENFANTS DE CHRISTIAN VANDER

Avant-propos : (que l’on peut passer si l’on sent qu’on ne va pas avoir le temps de lire toute la chronique)

Batteur, pianiste, chanteur et compositeur, Christian Vander est un musicien absolument hors-norme. Leader du groupe Magma créé en 1969, ses productions sont d’abord proches du jazz, sa musique d’élection puis progressivement il invente un univers musical très personnel inspiré tant par Coltrane (son idole) que par Stravinsky. Il va même jusqu’à inventer une langue, le Kobaïen, dans laquelle il écrit de nombreuses chansons. Il intègre dans sa démarche une bonne part de mysticisme. Si ses talents multiples sont unanimement reconnus (en particulier son étonnant jeu de batterie), certains commentateurs le tiennent pour une sorte d’O.V.N.I de la musique française, un illuminé, un artiste fantasque et imprévisible. L’album que je vais à présent tenter de commenter ne contredit pas ces dernières allégations.

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Maintenant, la chronique pour de bon

Disons-le d’emblée, « À tous les enfants », a d’abord été pour moi un grand moment de perplexité. C’est encore aujourd’hui l’album de chansons pour enfants le plus étrange que je connaisse. En comparaison, l’étonnante « Chanson pour les petites oreilles », d’Élise Caron, les excès de Vincent Malone ou les facéties du groupe Dragibus paraissent presque académiques.

À ma connaissance c’est la seule incursion de Christian Vander dans le petit monde de la chanson pour enfants. Voyons ça en détail.

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La première chanson « Hymne aux enfants » donne le ton. Un piano, des claviers accompagnent le chanteur (Christian Vander) et les chanteuses (Stella et Julie Vander et Isabelle Feuillebois). Vous n’entendrez pas d’autres instruments sur le disque. Le texte de Christian Vander ne semble pas s’adresser spécifiquement aux enfants. Même pour des adultes, c’est une poésie assez ésotérique.
Monsieur Vent (8) déroule sur une très belle mélodie un texte guère plus clair que les autres, mais tout aussi poétique.
Le ballet des sorcières (10) est une pièce instrumentale tout à fait dans le style du leader de Magma. Étranger sans être incompréhensible, très écrit et parfaitement interprété. Piano, claviers et vocalises. Pour vous donner une vague idée, on pense un peu en l’entendant à la musique des films de Tim Burton.
« Ronde de nuit » (12) déroule sur une magnifique mélodie un long texte qui évoque l’enfance. Mais là encore, on doute qu’elle s’adresse aux enfants. De plus, et c’est souvent le cas sur ce disque, il faut vraiment tendre l’oreille pour saisir le texte. La manière de poser les voix, la façon dont les éléments musicaux sont mixés et la construction du texte ne facilitent pas l’écoute. Reste une ambiance, un parfum un peu fantastique.

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Trois chansons phares de répertoire enfantin sont chantées sur les modes étranges (les modes Kobaïens) de l’univers musical de Christian Vander. Dépaysement garanti ! Il s’agit de  » J’ai du bon tabac » (6), « A la claire fontaine » (18) et « Dodo l’enfant do » (20). Je reviendrai sur cette dernière.
« Chanson de Pâques » (15) est chantée par les enfants du disque – qui scandent aussi les petites formulettes qui servent d’intermèdes. C’est une chanson traditionnelle tout droit sortie de l’enfance haut-marnaise de Christian Vander. Pour la « Chansons des œufs » (16), il reprend la même mélodie et chante un commentaire poétique à sa façon de cette chanson de Pâques.
« Aujourd’hui c’est fête » (13), « La mémoire de l’eau » (17) et « Le marchand de sable » (19) sont des textes dits sur des fonds sonores uniquement composé de bruits de nature, ou mélangeant des bruits de vagues et de nappes de claviers.
« Il est Noël », interprétée par Christian Vander, passe du texte dit à la chanson avec chœur avec un long détour par la déclamation. C’est un des sommets de l’album dans le registre de l’étrange. Notre chanteur hirsute déclame et chante un texte improbable sur une mélodie qui évoque un peu au début les mélodies françaises du début du vingtième siècle. Difficile à décrire.
Les plages 1, 2, 4, 5, 7, 9, 11 sont de brèves transitions.
Pour conclure, j’aimerais revenir sur la dernière chanson de l’album : « Dodo l’enfant do ». Elle ne dure pas moins de 8 minutes et 35 secondes. Le texte est en gros celui que tout le monde connaît : « dodo, l’enfant do, l’enfant dormira bien vite … ». Après une longue et mystérieuse introduction, il est chanté en boucle. Cette longue plage est organisée comme un long crescendo de piano, de claviers, de cymbales et de voix qui évoque à la fois la musique contemporaine ésotérique et la bande-son d’un film « qui fait peur ». Là, c’est vraiment le bouquet final, on a vraiment du mal à imaginer un enfant touché ou même simplement concerné par un tel déchainement.
Et, tout à la fin de la chanson, la fin du CD donc, on entend Christian Vander dire un petit « et voilà ! « . Le ton est incontestablement malicieux, facétieux même. On ne peut s’empêcher de l’interpréter comme : « Alors, qu’est-ce que vous dîtes de ça ? Ça vous change un peu non ? ! » En effet, on n’avait jamais entendu rien de tel.
Aussi étrange que soit « A tous les enfants », je doute que le projet ne soit qu’une pochade, ou une simple provocation. C’est visiblement sincère. Mais franchement ce petit « et voilà » m’intrigue, peut être encore plus que l’album lui-même. Vous jugerez… si vous allez jusqu’au bout!

P.S : Ah oui, au fait, j’ai fait écouter le disque à mes enfants, la perplexité est partagée !

 

Post-scriptum bis : (dont on peut se dispenser si effectivement on a pas le temps de lire toute la chronique)

Pour compléter le tableau, quelques extraits des textes.

- Le livret (sans illustration, mais avec toutes les paroles) se termine par un texte de Christian Vander qui commence ainsi : « Ce disque prétend tenir en éveil la conscience des générations dans le temps. Il est dédié aux enfants ayant souffert, assassinés par la cupidité, le profit et l’égoïsme de ceux que nous appellerons : les hommes. » Il se termine par une très longue liste de dédicataires où l’on trouve à côté des éléments naturels (ciel, soleil, montagnes, etc.) de nombreux animaux (loups, araignées, éléphants) ainsi que le magma, les particules, les pommes de terre, le givre, les orties et le cosmos…
- Dans « Hymne aux enfants » : « Mes yeux ont quitté la terre déchirant le voile de mon esprit, mon espoir autrefois balayé par les vents du silence trouve aujourd’hui en vous sa récompense ».
- Dans le long texte de « La ronde de nuit » :
« Sur un lac de coquelicots
Un oiseau bleu se désaltère
Tourné vers ceux, qui sous terre
La Nuit dans les yeux, coulent, à flots.
Ô cloches tonnez! volez pierres!
Pour nos enfants de la lumière … »

À tous les enfants
Christian Vander
SEVENTH records 1994

PETITE COLLECTION DE CURIOSITÉS : 3 CD

Aujourd’hui notre collection accueille trois nouveaux titres :

- Une page d’histoire avec la judicieuse réédition du « Serpent à sornettes », un enregistrement de 1978 qui a fait date.
- Un trésor patrimonial avec « Pachiqueli ven de nuech », un CD de chansons provençales.
- Une surprise helvète : « Mélodies en couleur » : des chansons d’Emile Jaques-Dalcroze

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Le serpent à sornettes
Edition musicales Lugdivine 2012

Les amateurs de chansons traditionnelles connaissent peut être les noms d’Evelyne Girardon et de Jacques Mayoud – qui a chanté entre autre avec le groupe Mélusine. Les aficionados de chansons Françaises reconnaîtront eux le nom de Michèle Bernard. Et chacun connaît Steve Waring qui a tant fait pour la chanson pour enfants.

Sous la houlette de Renée Mayoud, ils sont tous impliqués, avec quelques autres, dans la réalisation de cet album, à présent patrimonial, « Le serpent à sornettes ». La couleur musicale est très typique du folk des années 70 qui, souvenez-vous, n’avait pas peur des mélanges : tradition des régions de France et musiques nord américaine en particulier. Les enfants, présents sur presque toutes les chansons et auteurs de certains textes, chantent plutôt bien, avec un enthousiasme communicatif. 35 ans après sa sortie (à l’époque, c’était K7 et vinyle bien sûr) l’album peut sonner un peu daté pour les adultes mais pour les enfants, 1978 ou 2014 qu’importe si la chanson fait mouche. Créations originales ou traditionnels adaptés, la plupart des titres ne demandent qu’à être repris en chœur.

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Pachiqueli ven de nuech
Comptines et chansons provençales
Jan-Maria Carlotti
Silex 1993

Les maîtres itinérants de langues et cultures régionales du sud-est de la France ont demandé à Jean-Marie Carlotti de mettre en musique les comptines et d’enregistrer les chansons qu’ils ont choisies pour qu’au-delà de leurs préoccupations pédagogiques, le provençal soit une expression vivante d’aujourd’hui, et passe à travers le plaisir de l’écoute. Pari réussi. En 15 titres, l’excellent chanteur et non moins brillant guitariste Jan-Maria Carlotti revisite la tradition provençale. Il adapte, il arrange, il compose aussi des textes et des musiques nouvelles. L’ensemble est à priori composite : certains chants remontent probablement au moyen-âge, d’autres sont des compositions récentes; il y a des berceuses, des comptines, des chants de Noël ou de carnaval. Mais le disque est au final très homogène. La langues – pour qui ne la pratique pas – y est pour beaucoup ainsi que le style musical et le timbre de la voix du chanteur. Beaucoup d’instruments, cordes, vents et percussions, dont une bonne partie typiques de la culture provençale, accompagnent les belles polyphonies de Jan-Maria Carlotti. Certaines chansons sont chantées a cappella, en particulier une excellente version de « Jean petit qui danse » assez différente de celles que l’on entend le plus souvent.
20 ans après sa sortie, le CD est encore disponible. Rien d’étonnant, c’est un trésor que, provençal ou pas, on écoute toujours avec plaisir. Cette musique là, ne se démode jamais, ses racines sont profondes et le talent de ses interprètes lui assure belle vitalité.
Le livret est très complet et sa très belle couverture nous fait regretter qu’il n’y ai que peu d’illustration pour accompagner les paroles des chansons – qui, fort opportunément, sont traduites en français. A lire en particulier le texte final qui explique bien la philosophie de ce beau projet.

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Mélodies en couleur
La joie de lire 1991

Avez-vous déjà entendu parler d’Emile Jaques-Dalcroze (1865 – 1950) ? Compositeur et homme de théâtre suisse, il met au point vers 1900 un système d’éducation globale de la personne au moyen de la musique et du mouvement : « la rythmique ».
Ce beau livre CD propose 25 chansons de ses chansons interprétées par les Pueri de Genève, un chœur d’enfant qui chante à une ou deux voix (parfois avec quelques passages solos ou à trois voix) accompagné au piano.
Les textes sembleront bien désuets aux oreilles du vingt et unième siècle, les mélodies, quant à elles, sont de facture « classique » et pas du tout faciles à chanter. Ca ne se reprend pas en chœur comme « Jean petit qui danse ». C’est un répertoire exigeant pour ses interprètes.
Disons le d’emblée, à la première écoute ça peut paraître « gnangnan » voir « cul-cul », petits chanteurs à la croix de bois etc. Une musique pour conservatoire poussiéreux (pléonasme ?). Mais si l’on ne s’en tient pas à cette première impression et que l’on oublie un peu nos préjugés, un charme opère progressivement. Les mélodies sont souvent magnifiques, l’interprétation d’une étonnante fraîcheur et très précise à la fois. L’accompagnement du piano enfin, écrit par Dalcroze lui-même, est d’une élégante sobriété. L’ensemble, très homogène, fait naître – en tout cas chez moi – une émotion douce, et ces chansons d’un autre temps bientôt, nous semblent familières.

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Le livre lui-même est passionnant. Il est illustré avec une très belle sélection d’œuvres de peintres Suisses mises en regard de chaque chanson (texte et partition). Si FélixVallotton ou Paul Klee sont bien connus au delà des frontières helvètes, c’est ici l’occasion de découvrir d’autres artistes comme Italo Valenti peintre du rêve ou Niklaus Stoecklin si proche de l’univers de l’enfance.
Ce cd-livre est encore disponible et toutes les bonnes bibliothèques en possèdent un exemplaire. Alors si vous êtes curieux, offrez-vous ce petit détour par la Suisse et les années 1900, qui sait quelles émotions vous attendent là-bas ?

PETITE COLLECTION DE CURIOSITES : Mille et une souris verte

Monique Frapat, Geneviève Clément et Gaston Tavel sont les créateurs de ces « Mille et une souris verte ». Retenez bien ces trois noms. C’est à cette même fine équipe que l’on doit les aventures de Timothée et Tintinabulle, les deux enfants de « L’oreille en colimaçon », une géniale émission d’éveil musical qui passait à la fin du siècle dernier sur France culture. Quelques épisodes ont été édités en CD, je vous en parlerai dans une prochaine chronique. Nos trois bons génies de l’éveil musical ont plus d’une réalisation à leur actif, si vous lisez leur nom sur un livre, un CD etc. vous pouvez être assuré que la qualité sera au rendez-vous. Voilà, c’était le bon conseil du jour.

Maintenant la chronique pour de bon

Le but avoué des créateur de ce CD est de développer la créativité dans le domaine de l’expression vocale. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’eux, en tout cas, n’en manquent pas  de créativité.

Au dos du CD on peut lire :  » La plus connue des comptines UNE SOURIS VERTE façon jazz, rock, rap ou encore, chantée par des patins à roulettes, une goutte d’eau, le vent, un tobaggan …

A travers l’histoire-feuilleton de deux enfants qui s’envolent au pays de la musique pour atterrir dans la maison de la souris verte, tous les enfants vont découvrir comment on peut jouer avec sa voix et interpréter une chanson de mille et une manière.

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Et pour chanter, danser, faire la fête dans les différents styles musicaux (1), un play-back de 20 minutes. »

L’ensemble ne dure pas moins de 73 minutes – sans la moindre longueur !

Unique en son genre, ce CD est un trésor inestimable. Vous trouverez dans le livret (28 pages) toutes les informations nécessaires pour en tirer le meilleur parti. Sur le plan pédagogique, c’est dense et bigrement inventif.

Mais 1001 souris verte ne s’adresse pas uniquement aux enseignants et animateurs musicaux. L’histoire que vivent les deux enfants est passionnante. Humour, fantaisie, suspense, frissons et rebondissements, tous les ingrédients sont réunis pour captiver l’auditeur.  Le CD peut aussi s’écouter seul à la maison.

Pour la tranche d’âge concernée (question toujours difficile) je dirais que dès deux ans / deux ans et demi, (à cette âge, immanquablement, on apprend « Une souris verte ») l’enfant peut embarquer pour le pays de la musique avec Lison et Pilou. Les jeux vocaux et la découverte des styles musicaux tels qu’ils sont présentés ici, conviendront aux enfants jusqu’à la fin du primaire  – même si à partir de 7 / 8 ans l’histoire sera jugée parfois un peu « bébé ».

Comme souvent avec les très bonnes productions jeune public, les adultes ne manqueront pas de faire quelques intéressantes découvertes au passage.

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Nathan 1994 collection Graine de musique

(1) : Jazz, Musique sud-américaine, rock, baroque, rap et musique traditionnelle française.

PETITE COLLECTION DE CURIOSITES : KALOR UR VAMM

« Kalon ur vamm  » de Sofi Le Hunsec et Yves Ribis. Berceuses de Bretagne (vol 1 et 2)

C’est une maman, Sophie, qui chante et un papa, Yves, qui joue de la guitare, s’occupe des arrangements et de la prise de son. Pour et avec leurs enfants ils ont fait deux bien jolis disques. Accompagnés par quelques flûtes, une harpe et un quatuor à cordes ils proposent un répertoire de chansons bretonnes. Compositions, arrangements, croisements, emprunts, réécritures et mélanges, tout est bon pour composer ce beau bouquet de musiques : 13 belles et bonnes berceuses, un instrumental, deux comptines et un jeu de doigts.

Sophie Le Hunsec est une magnifique chanteuse. Sa voix souple et franche, sans afféterie, est idéale pour ce répertoire. Sur le second CD quelques chansons sont interprétées par Véronique Bourjot et Bleunwenn Mevel, deux chanteuses également talentueuses. Pour ceux qui ne connaissent pas la langue bretonne (pas un mot de français dans les CD) c’est une très belle occasion pour découvrir ses saveurs et ses parfums. Quant à l’accompagnement musical, il est à la fois sobre et élégant, inventif et toujours au service de la chanson – pas de place ici pour les démonstrations de virtuosité tant dans le jeu des instrumentistes que dans l’écriture musicale.

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Les versions instrumentales des chansons qui complètent le programme du CD 1 invitent sans doute à les chanter soi-même mais c’est aussi – surtout ? – l’occasion de prolonger la rêverie. C’est vraiment tout en douceur, les plages font toutes entre 4 et 5 minutes 30 et les parties musicales sont, la plupart du temps, répétées sans variations : l’effet est quasi hypnotique. Idéal pour glisser vers le sommeil, les berceuses sont faites pour ça !

Le livret donne les paroles des chansons en breton et en français. On peut y lire ceci, qui, je crois, dit l’essentiel :

« Le symbole de la mère dans les cultures bretonnes et celtiques remonte aux âges les plus anciens. Il en est de même pour les berceuses qui se transmettent de cœur en cœur depuis la nuit des temps.

Kalon ur Vamm, « Le cœur d’une mère » se veut le trait d’union entre ces chants universels enfouis dans les mémoires et l’expression musicale contemporaine.

Demain, les moyens de communication seront sans doute sophistiqués et plus nombreux, mais rien ne pourra remplacer le chant d’une mère pour son enfant. »

« Kalom ur vamm » Berceuse de Bretagne Ar nevez

Les deux CD sont réunis dans un coffret. On peut se le procurer auprès de la Coop Breizh .

Si vous voulez écouter plus de musiques bretonnes pour les enfants je vous suggère d’écouter « Comptines et berceuses de Bretagne » Didier jeunesse 2009, un très beau livre-disque qui propose « 28 berceuses, comptines danses ou complaintes en breton ou en gallo pour découvrir la Bretagne dans toute sa diversité et sa richesse ». Comme toujours dans cette collection, c’est du beau travail.

A découvrir aussi le groupe « Les ours du Scorff » (5 CD et un livre). Deux chanteurs de musique traditionnelle bretonne accompagnés par d’excellents musiciens proposent des chansons de leur composition, souvent humoristiques et plutôt bien troussées. Les musiques et leur interprétation sont souvent « bretonnantes », mais d’autres traditions musicales sont également présentes dans le répertoire.

PETITE COLLECTION DE CURIOSITES : EN VOITURE AVEC LE ROI DES PAPAS DE VINCENT MALONE

Précisions liminaires que l’on peut passer si l’on sent qu’on ne va pas avoir le temps de lire toute la chronique. Vincent Malone est un drôle d’oiseau. Je lui consacrerai bientôt une chronique « portrait d’artiste ». Vous y trouverez pas mal d’informations sur sa bio-disco-biblio-musico-bidulographie.

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Parmi tous ceux qu’il a enregistrés, j’ai choisi de chroniquer ce CD et je l’ai rangé dans la rubrique curiosités mais à vrai dire :

1. Il aurait aussi bien pu figurer dans ma discothèque idéale

2. J’aurais pu aussi bien en choisir un autre pour une chronique « curiosités », ils le sont presque tous, hors-normes, les CD du Roi des papas.

3. En fait, Vincent Malone est idéalement hors-norme. Voilà.

Maintenant, la chronique pour de bon

Bienvenue sur « Radio papa.voiture FM » c’est le sous-titre.

61 plages et 75 minutes : vous allez entendre une émission de radio pour enfants des plus improbables. En plus des chansons (toutes dans le plus pur style « roi des papas ») il a des interviews, des sketches, des appels d’auditeurs, des jeux, des blagues nulles, un bulletin météo, les infos, des jingles, enfin, tout ce qu’on entend habituellement sur les ondes. Bien entendu, tout ça est cuisiné à la sauce Malone. Pour vous donner une idée plus précise de l’objet du délit je choisis quelques plages et je vous les commente:

1. Plage 5 « Galère » une chanson rap parodique sur les départs en vacances. Bien vue, bien faite, très drôle et sans doute très « parlante » pour pas mal de familles.

2. Plage 9 et 10 L’animatrice propose à son invité (le roi des papas donc) d’écouter une chanson « pour les tout-petits ». Rien que l’intitulé l’inquiète. La chanson démarre et, en effet, elle est nulle. Vincent demande qu’on arrête tout de suite. S’en suivent des commentaires désobligeants à l’endroit de la chanson. C’est vrai que les chansons pour les tout-petits, des fois c’est … comment dire … .

3. Plage 15, « Y’a ka rouler », un très bon reggae sur l’ennui en voiture. C’est une chanson typique de son répertoire où l’on appréciera une fois encore l’étonnante plasticité de sa voix (1) et l’aisance avec laquelle il s’approprie tout un tas de styles musicaux.

4. Plage 21, une pub délirante: la montre-excuse qui invente des motifs farfelus pour justifier vos retards. Et farfelu, c’est peu dire.

5. Plage 30, une comptine (une vrai, pour apprendre à compter) façon Malone; forcément c’est pas comme d’habitude. Ca commence par un hérisson écrasé …

6. Plage 42, Luc, Yoann et la princesse Lépala : « En route pour Mars ». Une parodie de Star Wars bien givrée. J’en profite pour signaler que les nombreuses voix que l’on entend sur le disque – chanteurs (- euses) et surtout comédiens (- iennes), sont toutes excellentes.

7. Plage 58, « Les stations services » : encore une chansonnette très bien vue. Ah oui, au fait, pour ceux qui n’aurait pas suivit, c’est un CD à thème autour des voyages en voiture.

8. Plage 61, le casting du CD présenté en détail par le Roi des papas. Excellente idée, on s’intéresse rarement à l’envers du décor ; c’est l’occasion de découvrir tous les talents qu’il faut réunir pour réaliser un CD.

Vincentmalone

Voilà un aperçu sommaire mais suffisamment évocateur (enfin, j’espère) pour vous donner envie de partir en vacances avec le roi des papas. Le voyage paraîtra moins long, promis.

Si vous avez des, disons, moins de 6 ans avec vous, prévoyez quand même autre chose, pas sûr que tout les passionne. Sinon, soit dit entre-nous, ça s’écoute assez bien même sans enfants. Bon, pas forcément pour une petite virée romantique entre amoureux, c’est vrai, mais pour les autres essayez, vous m’en direz des nouvelles.

(1): Il me fait penser un peu à Steve Waring, bien que dans un genre assez différent. Une voix avec à la fois des basses magnifiques et un registre très étendu. Aussi à l’aise avec le parlé – ce sont deux très bons conteurs – qu’avec le chanté. Je reviendrai sans doute sur ces questions dans les « portraits d’artistes » (à venir) de nos deux Castafiores.

PETITE COLLECTION DE CURIOSITES : GRIBOUILLIS DE PASCAL AYERBE

Sur la pochette du CD, réalisée avec talent par Maron Bouillie (allons bon !) on peut lire : « Une ambiance ludique et farfelue ».
C’est le moins qu’on puisse dire.
Pascal Ayerbe est un humoriste musical comme le furent en leur temps Spike Jones et, plus récemment, les olibrius de Zik Zazou – deux références en la matière.

13 plages de musique instrumentale interprétées par le compositeur à base de kazoos, de métalo- xylo- bidulo- phones, de jouets musicaux divers, de pouêts, de meuh, de wizz et de dring, de râpes et autres ustensiles de cuisine, il y a même des guitares ! Gaston Lagaffe aurait adoré ces réjouissants Gribouillis.

pascal-ayerbe

Je ne résiste pas à l’envie de vous donner les titres des morceaux : « Les tournenrond », « Gling glong », « les petits tourniquets », « tchic ploum et kiclou », « yup », « hi hi », « p’tit vélo », « toc toc », « oop », « plic ploc », « tromboc », « Charlotte » (ah bon ?) et « mets tes gants sur ta tête ». Oui, ça donne une idée.

La musique est absolument hirsute mais c’est tout sauf du n’importe quoi. Ca tient la route comme on dit. « Tromboc » ou « Tchic ploum et klicou » (8 minutes et 55 secondes) par exemple illustrent parfaitement la maîtrise du bonhomme.

Il n’y a bien entendu pas d’âge pour écouter les gribouillis de Pascal Ayerbe. Par contre des circonstances, oui.

Pour une sieste, un retour au calme, une musique de fond feutrée… c’est plutôt déconseillé.

Pour une fête, un réveil tonique, un antidépresseur et la pratique des danses incongrues évidemment, là, c’est idéal. Pour des jeux d’écoute aussi, comme reconnaître les sons et deviner avec quoi ils sont produits – il y en a vraiment de toutes sortes.

Je sais, les chroniques de Mr Mandarine sont théoriquement dédiées à la chanson et « Gribouillis » est un album de musique instrumentale. Soit. Mais à mon oreille ces « Yup », « Oop » et « Plic ploc » raconte des histoires et ces petites ritournelles restent en mémoire.

Les chansons ça fait un peu ça non?

« Gribouillis »
Enfance et musique 2001 réf : DCDP89
Distribution Harmonia Mundi /Au merle moqueur

« Gribouillis »
Enfance et musique 2011
Distribution Harmonia Mundi /Au merle moqueur
C’est une réédition en livre-disque toujours illustrée par Maron Bouillie mais cette fois avec plus de place. En prime, des commentaires d’enfants passablement délirants ont été glissés entre les morceaux.

Pascal Ayerbe a enregistré d’autres CD du même genre et c’est tant mieux. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.pascalayerbe.com Le site est tout simplement génial. On y trouve bien plus que des infos, c’est tout un univers. Il y a même une interactivité qui fera de vous un Ayerbiste … en herbe !

PETITE COLLECTION DE CURIOSITES : CHANSONS POUR LES PETITES OREILLES D’ELISE CARON

Dans le paysage de la chanson française d’aujourd’hui, Elise Caron est un cas à part. Ses curiosités diverses et ses envies multicolores l’ont conduite sur de nombreux chemins musicaux. Mais quel que soit le projet dans lequel elle s’engage, les amateurs -dont je suis- reconnaissent sa personnalité « particulièrement particulière ». Avant d’en venir à notre sujet du jour, laissez-moi vous conseiller « Eurydice bis », un album de chansons de 2006 particulièrement savoureux et explosif.

Elise Caron n’est pas ce qu’on appelle un chanteuse pour enfants (pardon, « jeune public », c’est comme cela, paraît-il, qu’il faut dire aujourd’hui) mais son univers artistique est cousu d’enfance, elle livre sans fard ses émotions, ses jours, ses nuits – rêves, lunes et loups. En parcourant le livret, on découvre que les chansons pour les petites oreilles (à ma connaissance les seules de son répertoire que l’on range dans le rayon jeunesse des bibliothèques) ont fait l’objet d’une commande de Gilles Avisse pour les festi’val de Marne 2000. Quelle belle intuition ! Et nous voilà partis pour un voyage insolite au pays d’une enfance. Je Raconte.

Chanson pour les petites oreilles2

« Bonjour »: Le piano commence, il accompagnera la chanteuse tout au long des 10 plages de l’album. Elise prend la parole, elle dit bonjour. C’est un texte dit, un inventaire improbable de gens, de choses et d’animaux que l’on salue simplement avant de commencer.
« Jacques a cent ans »: 1 an, 13 ans, 30 ans, 60 ans, 100 ans. En cinq étapes, en cinq couplets une vie se raconte. Cette chanson est une pure merveille. Un second piano, un piano jouet, apparaît, disparaît. Nous le retrouverons ici et là pendant le voyage.
« Princesse grenouille »: Une pièce instrumentale étrange et brève entre deux chansons fortes.
« Je me préfère à l’envers »: Dialogue avec le miroir, avec l’autre en soi peut-être. Scie musicale et voix doublée ajoutent au trouble.
« L’oiseau et la poupée »: C’est une histoire chantée. Pas de couplet ni de refrain mais une musique et des mélodies au plus près de la narration. Une fois de plus Elise Caron nous emmène loin des formes « standards » de la chanson pour enfants.
« Chanson chuchotée »: Voix en écho, souffles harmoniques en vagues lointaines et piano léger pour cette chanson douce et mystérieuse.
« J’aime pas la guerre »: Un poème naïf.
« Berceuse »: « Le jour nous oublie, mais la nuit c’est la vie aussi, dors … » Belle présence de la scie musicale, voix chaude et douce à souhait sans, bien sûr, le moindre soupçon de mièvrerie.
« Le dragon et le petit garçon »: Une autre histoire, parlée cette fois sur un accompagnement de pianos particulièrement inspiré. Drôle d’histoire en vérité, pas banale, on s’y attendait. Encore deux ou trois facettes de la voix de l’artiste nous sont ici dévoilées.
« Bonsoir »: Même texte et même musique que l’introduction. « Bonjour » est remplacé par « Bonsoir ».

visuel-cd-petites-oreilles

Et nous voilà à la fin du voyage. La vie que nous avions laissée en entrant dans l’univers d’Elise reprend son cours. Une petite étincelle nouvelle, un peu floue, un peu folle musarde au coin de notre sourire.

Au dos du CD on peut lire : « Les chansons pour les petites oreilles ont été écrites comme un pont entre l’enfant et l’adulte, l’œuf et la poule, le coq et l’âne, le fou et le sage ; un pont musical et poétique, complexe et naïf, un discours d’enfant qui a grandi et qui chante sa philosophie. »

L’objet est un CD-livre (couverture cartonnée très solide et pages bien épaisses, parfait pour petites mains curieuses) illustré par Gala Collette. C’est sobrement surréaliste, gentiment décalé et bien en phase avec les chansons. Tous les textes sont donnés.

Elise Caron « Chansons pour les petites oreilles »
2003 La muse en circuit, Elise Caron, studio 440 réf: 8741262
Le chant du monde Harmonia mundi distribution

Post-scriptum :
La chanson pour enfant est une activité occasionnelle pour Elise Caron. Presque 10 ans après  » Chansons pour les petites oreilles » nous la retrouvons avec plaisir dans « Mimine et Momo ». Il s’agit d’un petit livre CD, une malicieuse histoire de mains (Mimine et Momo donc) écrite par Marie Nimier et illustrée par Thomas Baas. Elise raconte et chante et joue de la guitare, elle a composé les musiques. C’est pour les tout-petits à partir de 2 ans et tout est vraiment très très bon. Mais le CD ne dure que 11’23 minutes ! Certes la qualité en matière de musique (comme en beaucoup d’autres matières d’ailleurs) prime sur la quantité mais une petite histoire de plus nous aurait bien fait plaisir. Bon, tant pis, attendons patiemment le prochain opus.
Pour finir, j’ajoute que miss Caron interprète une chanson sur l’excellent disque « Quartier libre » d’Hervé Suhubiette qui la chante avec elle.

Mimine et Momo
Marie Nimier, Thomas Baas et Elise Caron
Benjaminsmédia 2012

Quartier libre
Hervé Suhubiette
L’autre distribution 2006