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La discothèque idéale de M. Mandarine : Les tableaux d’une exposition

         Précisions liminaires

(que l’on peut passer si l’on sent qu’on ne va pas avoir le temps de lire toute la chronique)

« Les Musiques Enchantées » des éditions Actes Sud Junior proposent des œuvres du répertoire classique pour le jeune public. De « L’enfant et les sortilèges » de Ravel au « Petit ramoneur » de Britten en passant par « L’Arlésienne » de Bizet, une douzaine de titres composent cette très belle collection. Format carré 210 x 210, beau papier, couverture légèrement rembourrée très agréable à manipuler, illustrations soignées et originales, enregistrements impeccables : du beau travail.

En matière de publication jeune public, livres, cd ou cd-livres, il est souvent utile de repérer les bonnes collections. En effet, une collection c’est souvent une équipe, une direction et les œuvres réunies dans un même ensemble sont souvent de qualité homogène. Donc quand un opus est bon, il y a fort à parier que les autres le seront aussi. Même chose si c’est mauvais ! Attention, cela s’applique aux collections mais pas forcément aux éditeurs, surtout les plus importants. Gallimard Jeunesse propose par exemple un grand nombre de collections d’inégale qualité.

 

Maintenant, la chronique pour de bon

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Un enfant se promène avec ses parents dans une exposition de peinture. Ce qui s’annonçait ennuyeux devient tout à coup magique quand il pénètre dans les tableaux !

Immergé dans les images musicales de Moussorgski, nous voyageons avec lui dans des mondes chatoyants et fabuleux (château mystérieux, marché animé, catacombes etc.) et nous rencontrons toute une galerie de personnages hauts en couleurs (la sorcière Baba Yaga, un horrible gnome etc.)

« Les tableaux d’une exposition » de Modeste Moussorgsky (1874) est une œuvre instrumentale pour piano. A l’origine donc, pas d’orchestre, pas de texte. Mais cette œuvre a rapidement inspiré de nombreux musiciens qui l’ont adaptée pour différentes formations. Nous entendons ici la plus fameuse de ces adaptations, celle pour grand orchestre de Maurice Ravel (1922). Elle est dirigée par Ricardo Mutti, pas moins !

Les images qui ont inspiré le compositeur n’existent plus aujourd’hui. Il s’agissait de dessins et d’aquarelles de Viktor Hartmann, un ami de Moussorgsky. Qu’importe, Sophie Humann qui a écrit le texte de notre enregistrement a de l’imagination. Elle décrit les tableaux visités uniquement d’après les titres et ce qu’évoque la musique. C’est vraiment très réussi, la narration très finement mêlée à la musique est très convaincante, on suit la visite de bout en bout sans jamais sortir de la magie des images-musiques de Moussorgsky.

La musique n’est jamais univoque, chacun la ressent à sa façon et quand on la prétend descriptive, les images que l’auditeur est supposé voir en imagination et en lien avec la musique sont en fait souvent proposées explicitement, par le titre au minimum.

Par exemple si l’on écoute « Les quatre saisons » de Vivaldi  les yeux fermés, en se laissant aller, les images qui vont venir seront différentes d’une personne à l’autre, à moins que l’on n’ait lu le « programme » proposé par le compositeur – et encore, chacun verra les paysages et les scènes à sa façon.

Proposer des images et des situations pour accompagner l’écoute des tableaux d’une exposition est, somme toute, une idée généreuse et certainement pas sacrilège.

La musique de Moussorgski, toute géniale qu’elle soit, ne va pas forcément toucher les jeunes oreilles.

Avec ce support, j’imagine que les enfants en entrant dans l’histoire à la suite du petit garçon happé par les images deviendront, presque à leur insu, familiers avec la musique ; et quand plus tard ils la réentendront sans le texte, le plaisir sera immédiat et d’autant plus grand qu’il sera directement connecté avec l’enfance.

Post-scriptum

(qu’on peut ne pas lire si, effectivement, le temps manque pour une lecture intégrale)

Comme plusieurs autres titres de la collection « Les musiques enchantées », « Les tableaux d’une exposition » n’est plus disponible. Mais les œuvres épuisées chez l’éditeur circulent souvent sur Internet et dans les bibliothèques. C’est le cas pour notre pépite du jour. Foncez !

Et si vraiment vous n’arrivez pas à mettre la main dessus il existe une autre version des tableaux dans la collection « Petit répertoire » chez Gallimard jeunesse musique. Un très court texte descriptif écrit et interprété par Muriel Bloch (une fameuse conteuse) ouvre chacune des dix parties de l’œuvre. La musique est arrangée pour un petit ensemble d’une dizaine de musiciens et interprétée par l’ensemble Carpe Diem.  C’est aussi très réussi.

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LA CHANSON DU MOIS : UN POISSON

soundcloud    UN POISSON  / B.Viquesnel

Cette cinquième devinette, pour changer, se chante à trois voix; mais le quatuor est cependant requis, car à chaque phrase c’est un trio différent qui chante.

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Soprano : Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

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LA CHANSON DU MOIS : LES JUMELLES

soundcloud    LES JUMELLES  / B.Viquesnel

Pour cette quatrième devinette, un petit tour rythmique par l’est de l’Europe. Si ce 8/8 en 3+3+2 n’est pas très commode (ni très orthodoxe d’ailleurs), la battue dans les mains de cette pulsation inégale peut rendre de grands services aux chanteurs.

Si tu veux, tu veux nous voir, il faut te tordre le coup;
Si tu veux, tu veux t’asseoir, tu peux compter sur nous;
On nous fait jamais la bise, tu nous caches dans la rue,
Mais si tu fais des bêtises, c’est nous qui sommes battues.

Soprano : Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

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LA CHANSON DU MOIS : UN TUYAU

soundcloud    UN TUYAU / B.Viquesnel

Voici une troisième devinette à quatre voix. Facile à résoudre. À chanter, c’est moins sûr.

UN TUYAU

Soprano : Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

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PORTRAIT D’ARTISTE : ANNE SYLVESTRE

Anne Sylvestre est sans doute la première, a avoir proposé un répertoire de chansons originales et populaires à destination des enfants. Tout commence en 1962. En marge d’une carrière de chanteuse « pour les grands » (1), Anne propose ses premières Fabulettes au public qui s’enthousiasme pour ces comptines d’un nouveau genre. Steve Waring et Henri Dès, les autres « grands ancêtres » ne débuteront leur carrière jeune public que plus tard.

anne1Le succès des Fabulettes est donc aujourd’hui vieux de plus de 50 ans. Il ne semble pas devoir cesser de si tôt.
La longévité, plus de 50 ans donc, l’abondance, pas loin de 200 titres, la nouveauté du genre, au moins au début, la variété des sujets, des couleurs (humour, tendresse, mélancolie …) et des formes (tantôt des histoires comiques, absurdes, poétiques, tantôt des chansons descriptives ou à thème), la qualité des musiques et des arrangements, les textes remarquablement bien écrits sont autant d’éléments d’explications possibles – des plus triviaux aux plus solides – à ce succès jamais démenti. Certes, tout cela suffit à placer Anne Sylvestre au plus haut dans le palmarès des chanteurs préférés des enfants et de leurs parents.
Mais il y a plus, quelque chose qui, relevant de la façon d’être plutôt que de la façon de faire, de l’émotion plus que du raisonnement, est assez délicat décrire. Je me lance, on verra bien. (2)
Les fabulettes, à mon oreille, coulent de source, elles ne sentent jamais l’effort et les bonnes intentions. Je parierai bien que pour la plupart elles sont venues d’un jet, d’un souffle. Si l’on en croit Baudelaire, le génie, c’est l’enfance retrouvée à volonté. C’est sans doute de cela qu’il s’agit. C’est une enfance avec « des moyens d’adulte » qui s’adresse à d’autres enfants. Du coup, le ton est toujours juste. Rien d’étonnant à ce que la source ne tarisse pas, c’est une fontaine de jouvence. Oui, nous dit Anne Sylvestre, le monde est grand et la vie passionnante, il y a beaucoup à apprendre, mais ne vieillissez pas trop vite, gardez toujours au cœur ce qui ne s’apprend pas (mais se désapprend souvent hélas). Je conseille toujours aux parents de prendre le temps d’écouter les chansons que l’on destine à leurs enfants avec eux, c’est excellent pour la santé. Les Fabulettes en donnent le meilleur exemple. Les adultes qui ont écouté ces chansons quand ils étaient enfants les portent longtemps en eux – il y a d’ailleurs une chanson du répertoire « adulte » d’Anne qui évoque avec humour et tendresse ces « rescapés des fabulettes ».
Pour ce qui est des musiques, elles sont toutes composées par Anne Sylvestre elle-même. C’est bien fait et très homogène, la dame a son style, les enfants l’apprécient. Certaines mélodies un peu complexes ne sont évidemment pas faites pour être reprises en chœur; d’autres au contraire ne demandent qu’à être chantées à tue-tête; la plupart enfin sont plutôt faciles à chanter et à la portée de tout un chacun. Le petit bémol est peut-être qu’au long de ce vaste répertoire on finit par repérer, quelques redondances, quelques redites mélodiques un peu insistantes. Pour qui possède un style bien affirmé et un grand répertoire, c’est un écueil difficile à contourner.

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Les arrangements de François Rauber (3) sont tout simplement géniaux. Un peu daté peut-être, mais sous ma plume c’est plus une marque de nostalgie qu’un reproche. Sa belle inventivité, l’élégance et la précision des interprètes, la qualité du son des orchestres et même la façon d’enregistrer tout ça me surprennent et m’enchantent toujours aujourd’hui.
En marge des fabulettes Anne a créé en 1993 avec Michèle Bernard, sa « sœur de scène », « Lala et le cirque du vent », un conte musical. Plus tard, elle participe au spectacle « Enfantillages » avec Aldebert et quelques autres. Elle participe également à quelques projets jeune public du groupe Les ogres de Barback.
Anne Sylvestre n’a jamais chanté ses Fabulettes sur scène.

(1) : Depuis la fin des années 50 jusqu’à aujourd’hui (chapeau bas !) elle trace une belle route dans les paysages de la chanson française. « On commence à s’apercevoir qu’avant sa venue dans la chanson, il nous manquait quelque chose et quelque chose d’important. » a écrit Brassens au début de sa carrière. On ne saurait mieux dire. Avec sa bonne amie Michèle Bernard et l’exubérante Juliette elle trône au sommet de mon panthéon des grandes dames de la chanson – voilà une tournure joliment « clichée » non ? Mais, hors sujet, je vous raconte ma vie, revenons aux Fabulettes.
(2) : La tentative d’explication de ce je-ne-sais-quoi qui fait la différence que vous allez lire ne correspond sans doute qu’à une perception hautement subjective. Il sera peut-être raisonnable de ne pas trop tenir compte de mes spéculations. Vous jugerez.
(3) : Il a écrit et dirigé les arrangements des Fabulettes des 16 premiers volumes (sur 18). Si vous ne connaissez pas son nom, vous avez forcement déjà entendu son travail : il a été l’arrangeur des chansons de Jacques Brel pendant presque toute sa carrière, il a même composé une dizaine de titres avec lui. Il a accompagné Vian et Gainsbourg et travaillé en tant qu’arrangeur avec Barbara, Moustaki, Aznavour, Juliette et bien d’autres.

Discographie

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Il existe 18 volumes de Fabulettes. Je n’entre pas dans le détail, le répertoire est très homogène et la qualité constante. La plupart des opus sont plus ou moins thématiques : La ville, les animaux, pour les tout-petits, la mer, les couleurs etc.
Sont également disponibles : « Génération Fabulette », un coffret de 40 Fabulettes compilées; un coffret avec un DVD (voir plus loin) et 2 CD (36 chansons) et un coffret regroupant les 18 volumes, « L’intégrale ».

Jacques Haurogné a enregistré deux CD de Fabulettes :

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Jacques Haurogné Chante les Fabulettes d’Anne Sylvestre EPM 2007
14 Fabulettes magnifiquement portées par la belle voix de Jacques Haurogné. Les arrangements sont très bien faits. Ecouter les Fabulettes dans ces habits neufs est un vrai plaisir qui nous confirme ce que l’on savait déjà : les chansons d’Anne Sylvestre sont solides, elles traversent le temps et les modes et, comme celles de Brassens, on peut les interpréter de mille manières, pourvu que le cœur y soit, elles sonneront toujours bien.

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Capitaine Jako (Jacques Haurogné Chante les Fabulettes d’Anne Sylvestre) EPM 2002
17 chansons tirées des Fabulettes sobrement accompagnées par une guitare et quelques chœurs et bruitages. Deux personnages, Jako et Ducorbo dialoguent entre les chansons et déroulent un fil conducteur qui lie l’ensemble. Ce projet a donné lieu à un spectacle crée en 2002.

Enfin deux DVD proposent chacun 18 Fabulettes en dessins animés. C’est joliment fait et très bien adapté aux tout-petits. Des petites scènes inventives illustrent les textes des chansons avec une belle liberté tout en restant fidèle à l’esprit malicieux des Fabulettes.

Toutes les références sont disponibles sur le site d’Anne Sylvestre.

LA CHANSON DU MOIS : LE JARDIN DES MOTS

soundcloud    LE JARDIN DES MOTS / B.Viquesnel

Retour aux devinettes.        Pour les claps et les snaps (claquements de mains et de doigts) nous nous sommes amusé à sophistiquer un peu pour l’enregistrement. On peut faire plus simple, voire s’en passer complètement. Comme toujours, ce qui compte avant tout pour la mise en place c’est de swinguer et de phraser comme il faut !

LE JARDIN DES MOTS

Soprano : Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

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LA DISCOTHÈQUE IDÉALE DE MONSIEUR MANDARINE : LÉO DÉCOUVRE LE BLUES

Un petit garçon, Léo, découvre l’univers et les personnages du blues. Magnifiquement racontée par Richard Bohringer, l’histoire est très bien écrite. Plus d’émotion et d’humour que de didactisme, une galerie de personnages hauts en couleur, une construction irréprochable et un résumé clair et pertinent des différentes étapes de l’évolution du genre : tout concoure à faire de ce CD une belle réussite. Il vaut mieux prévoir de l’écouter d’une seule traite (37 minutes) : une fois que l’on a embarqué avec Léo dans ce récit, difficile d’en sortir avant de connaitre la fin.

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Il y a dans cette histoire une certaine retenue que j’ai trouvé très bien dosée. La musique blues a une toile de fond plutôt sombre : esclavage, misère, racisme, alcool, drogues, prostitution. La tragédie n’est jamais loin. Il est tentant, en racontant son histoire, de verser dans le « pathos à gogo » et, pire encore, de réduire le blues à son contexte, de laisser entendre qu’il n’a été joué que pour supporter la misère. Jean-Jacques Milteau et ses complices ne tombent pas dans ces chausse-trappes. Le CD s’adresse à des enfants, aussi, s’il ne s’agit pas de gommer systématiquement tous les aspects durs et violents de cette histoire, il faut en même temps proposer un récit où la vie l’emporte sur la tragédie, où l’émotion, toute poignante qu’elle puisse être, est « à la portée » du cœur d’un enfant. Sans compter que l’histoire, en plus d’être bien documentée, ne manque pas de pittoresque et de péripéties rocambolesques. Le texte et la voix qui le porte trouvent le registre juste. Bravo !

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Les musiques de Manu Galvin et Jean-Jacques Milteau (des vieux de la vieille) sont fort bien faites et elles s’insèrent parfaitement dans l’histoire – ce qui n’est hélas pas toujours le cas dans ce genre de production.
On trouve dans le livre le texte intégral de l’histoire, un petit lexique, quelques pistes discographiques et de très belles illustrations de Jean-Michel Nicollet tout à fait en phase avec le sujet et le ton de l’histoire.
Il ne manque qu’un petit topo sur les instruments qui ont fait sonner cette musique tout au long de son histoire. Vous le trouverez sur différents sites de la toile comme itinéraires-blues.com, bebluesy.free.fr ou encore chemindublues.free.fr.

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Léo découvre le blues

Livre-CD
Texte : Christine Mulard, Patrick Raynal et Jean-Jacques Milteau
Dit par Richard Bohringer
Musique Manu Galvin et Jean-Jacques Milteau
Quelques notes 1997 / Chant du monde 2003

LA CHANSON DU MOIS : PAS D’BOL TANGO

soundcloud    PAS D’BOL TANGO / B.Viquesnel

En attendant de nouvelles devinettes, nous vous proposons un gros morceau qui devrait vous donner du fil à retordre si vous vous lancez dans l’aventure. Sans compter qu’avec son thème cette chanson pourrait bien porter la poisse.

Il existe une version alternative au texte assez relevée, pour « les grands » donc (« Tango comme il faut »), montée jadis avec succès par une chorale caennaise. Avis aux amateurs !

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Soprano : Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

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LA DISCOTHEQUE IDEALE DE MONSIEUR MANDARINE : MADAME LA POULE DE CATHERINE PARIS

Madame la poule par Catherine Paris

17 petits bijoux de chansons pour les petits.
La voix blanche et un peu fragile de Catherine Paris peut surprendre. Ce genre de voix est assez inhabituel dans le paysage de la chanson jeune public. Pour moi c’est une merveille de simplicité, de proximité. Ça colle parfaitement avec les textes, les musiques et les arrangements qui sont, eux aussi, simples et sans « tape à l’oreille ». Mais simplicité et proximité ne riment pas ici avec simplisme et amateurisme. C’est fin, lumineux, bien écrit et original. Les mélodies en particulier sont très solides et les arrangements sans surcharge. Pas questions ici de subir le traditionnel défilé des styles convenus : un rock par-ci, une bossa par-là, un tango, une valse franchouillarde, une demi-parodie de rap, une pseudo mélodie africaine, un quatuor classique etc. L’album a son style propre.
L’ambiance de l’ensemble est franchement fantaisiste. Les éléments du quotidien font ici bon ménage avec une poésie pleine de malice. La complicité avec l’imaginaire des plus petits est remarquable à la fois par sa pertinence aussi bien que par son originalité. Pas question ici de subir le traditionnel défilé des thèmes convenus : et une chanson pour sauver la planète, une autre au sujet des bonbons, et la chansons des bêtises suivie de l’inévitable comptine traditionnelle revisité façon jazz , et un titre avec un invité exceptionnel, un autre avec un chorale bulgare etc.

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L’univers de « Madame la poule » est somme toute aussi singulier que convivial et il résiste à toute description un peu rapide. Je vous laisse donc découvrir les thèmes des chansons sans rien en dévoiler.
Bien entendu qu’il s’agisse de la couleur de la voix de Catherine, du style des musiques et de la poésie des textes, c’est suffisamment original pour froisser les oreilles de l’auditeur qui découvre l’album. A la première écoute vous allez sans doute adorer tout de suite ou ne pas aimer du tout. Je vous suggère si ça ne vous a pas emballé d’insister un peu, ce CD en vaut vraiment la peine. Qui sait si la deuxième écoute ne va pas vous laisser une petite mélodie dans un coin de la tête, un sourire au coin des lèvres, une émotion discrète au fond du cœur qui vous donneront envie de l’écouter encore et, finalement, de partager votre nouvelle découverte.

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11 des chansons de l’album ont été écrites et composées par André Ricros, 3 par Alain Gibert et 3 en collaboration. Clément Gibert (le fils), Alain Gibert (le père) , Stéphane Arbon et Frédéric Paris (le papa de Catherine) arrangent et accompagnent (avec dans le désordre : contrebasse, mélodica, batterie, guitares, clarinettes, saxophone alto, trombone, percussions, ukulélé, accordéon diatonique, flûte) les 17 titres du CD. Pour ceux d’entre vous qui connaissent les lascars, vous pouvez constater que la belle est bien entourée. Pour ceux qui ne les connaissent pas, faîtes-moi confiance : rien que du beau monde.

Catherine Paris chante Madame la poule
L’auvergne imaginée 2011

Vous trouverez dans nos chroniques un portrait d’artiste d’Alain Gibert avec sa discographie ainsi qu’une présentation de « Belle pomme d’or » et « Petite alouette » les excellents albums de Frédéric Paris. On y entend Catherine, enfant, qui fait ses débuts de chanteuse !

LA CHANSON DU MOIS : BLANC, GRIS NOIR

soundcloud    BLANC, GRIS, NOIR / B.Viquesnel

Voici une première devinette à quatre voix. D’autres petites énigmes du même genre suivront, plus ou moins difficiles à chanter ou à résoudre !

Paroles :

Quand je suis tout blanc, ah, le joli temps;
Quand je suis tout gris tu sors ton parapluie;
Quand je suis tout blanc, ah, le joli temps;
Quand je suis tout noir, il se met à pleuvoir.

Soprano: Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

Télécharger la partition