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LA CHANSON DU MOIS : AUBÉPINE

soundcloud       Aubépine / Musique et paroles : B.Viquesnel

Le dernier album de Mandarine, « Bel oiseau » est ponctué par quatre petites chansons A cappella qui évoquent les saisons. Les textes sont écrits un peu à la façon des haïkus japonais. Après le jasmin de l’hiver, voici l’aubépine du printemps. C’est écrit pour 6 voix : deux fois trois voix qui se répondent. En cas d’effectifs réduit nous proposons une version « bricolée » pour quatre voix.

Paroles :

Aubépine, blanche fleur, le retour du printemps,
Aubépine, bonne odeur, tout autour de mon champ…

Soprano: Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

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LA CHANSON DU MOIS : MONSIEUR TSING

soundcloud        Monsieur Tsing  / Musique et paroles : B.Viquesnel

C’est la première chanson du dernier album de Mandarine, « Bel oiseau ». Pour celle là, il y a plus de travail que pour les précédentes. Les basses en particulier ont du pain sur la planche.

Paroles :

Monsieur Tsing avale une mouche, ça le chatouille
Il appelle le docteur ouille, ouille, ouille
Le docteur a dit : “il faut manger une grenouille
Qui mangera la mouche” (la pauvre mouche).

Monsieur Tsing avale une grenouille, ça le chatouille
Il appelle le docteur ouille, ouille, ouille
Le docteur a dit : “il faut manger un serpent
Qui gobera la grenouille” (pauvre grenouille).

Monsieur Tsing avale un serpent, ça le chatouille
Il appelle le docteur ouille, ouille, ouille
Le docteur a dit : “il faut manger une mangouste
Qui croquera le serpent” (pauvre serpent).

Monsieur Tsing avale une mangouste, ça le chatouille
Il appelle le docteur ouille, ouille, ouille
Le docteur a dit : “il faut manger un gros tigre
Qui dévorera la mangouste” (pauvre mangouste).

Monsieur Tsing avale un gros tigre, ça le chatouille
Il appelle le docteur ouille, ouille, ouille
Le docteur a dit : “il faut manger un chasseur
Qui tuera le gros tigre” (le pauvre tigre).

Monsieur Tsing avale un chasseur, ça le chatouille
Le chasseur prend son fusil, pan pan pan pan, ouille…

Soprano: Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

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LA DISCOTHÈQUE IDÉALE DE MONSIEUR MANDARINE : JOSÉPHINE ET LES OMBRES

Conte lyrique en deux actes
Textes de Roland Topor
Musique de Reinhardt Wagner

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Les voix lyriques ne sont à priori guère prisées par les enfants. A moins de grandir dans une famille où lieder et opéras représentent le quotidien musical de la maison, cette façon de chanter étonne voir rebute les jeunes oreilles non initiées. Je vous présente aujourd’hui un petit bijou de CD qui aidera ceux qui en ont envie à familiariser les enfants avec les voix lyriques.
Les six chanteurs du disque sont vraiment excellents. L’auditeur « moyen » reproche souvent aux réalisations lyriques le peu de souci qu’elles ont du texte. En gros, on ne comprend pas les paroles, on a même parfois du mal à identifier la langue employée. Ici chaque mot est parfaitement clair, les voix sont belles, sensibles et ne sacrifient jamais l’intelligibilité du texte à je ne sais quel effet dramatique ou virtuose . (1) Tous les registres à l’exception du ténor sont représentés : basse, baryton, haute-contre pour les hommes, soprano, mezzo-soprano et alto pour les femmes. (respectivement : Antoine Sicot, Denis Léger-Milhau, Dominique Visse, Anne Baquet, Agnès Mellon et Guillemette Laurence)
La durée du conte, une heure, nécessite un peu d’organisation. La meilleure solution si on veut l’entendre d’une seule traite est peut-être de l’écouter en voiture pendant un long trajet. Sinon, pourquoi ne pas découvrir l’histoire sur plusieurs jours comme un feuilleton dont on écoute un épisode à la fois ? Autre idée pour amener les enfants vers cette œuvre a priori exigeante, faîtes tourner le CD, de temps en temps en « fond musical » sans réclamer d’attention particulière ou comme si vous l’écoutiez pour votre propre agrément – ce qui est d’ailleurs tout à fait possible, c’est vraiment de très bonne qualité et les grands peuvent aussi y prendre plaisir. Petit à petit les enfants, rétifs ou indifférents de prime abord, deviendront familiers de ces voix « bizarres » et de ces personnages attachants et pourront finalement apprécier pleinement ce conte lyrique à sa juste valeur. (2)

L’histoire: Joséphine, dont les parents sont morts récemment dans un accident d’avion fait connaissance avec Falstaff, un mort débonnaire du cimetière du Montparnasse – qu’elle traverse souvent pour aller à l’école. Rapidement elle devient familière des illustres défunts, amis de Falstaff. Pour eux, elle va enquêter pour répondre aux questions qu’ils se posent sur leur postérité. Le comportement de la petite fille étonne son entourage : sa tante Aline, son amie Pénélope, ses professeurs… Il faut dire qu’elle seule peut voir les fantômes.
Au deuxième acte une de ses recherches tourne mal et Joséphine est enlevée. S’en suivent quelques scènes épiques que je vous laisse découvrir.
Le conte aborde par touches légères et sensibles le thème du deuil. Une réflexion sur la mort traverse en filigrane les aventures de Joséphine. Le suicide est évoqué ainsi que les rapports entre les vivants et les morts. Mais le ton n’est jamais grave, c’est toujours la vie qui l’emporte. Pas de prescription dogmatique, les plaisirs du récit et de la musique sont bien le centre du projet.
La comédienne Tania Torrens qui assure la narration est une excellente conteuse.

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Roland Topor (en photo) : Illustrateur, dessinateur, peintre, écrivain, poète, metteur en scène, chansonnier, acteur et cinéaste, Topor est l’exemple même du brillant touche-à-tout. Son humour souvent noir, sa véhémence et son goût du scandale sont généralement mis de côté quand il s’adresse aux enfants.
Avec Joséphine il nous livre une histoire à la fois épique et sensible teintée d’humour bon enfant et d’un soupçon de philosophie.
Au registre du jeune public, on lui doit la géniale série Téléchat : 234 épisodes qui ont prouvé pendant de nombreuses années que la télévision pouvait (trop rarement) proposer des programmes pour enfants de grande qualité.

La musique de Reinhardt Wagner : Compositeur à large palette, Wagner écrit principalement des musiques de film et des chansons – dont quelques unes sur des textes de Topor. Mélodiste raffiné, mais pas ésotérique pour un sou, il nous offre ici de très beaux airs. Chaque chanteur a ses chansons, mais il y a aussi des passages chantés en dialogue ou à plusieurs voix. La narration parlée nous épargne les fastidieux récitatifs propres à l’opéra. Toutes les parties chantées sont accompagnées au piano, quelques très beaux passages d’orchestre ponctuent l’histoire.
Avec le thème de Joséphine, confié à l’orchestre, et la chanson « C’est vrai Pénélope exagère », la musique de la scène du médecin (le magnifique haute-contre Dominique Visse) est ma préférée.

Les illustrations de Nicolas Topor : Comme son papa Roland, Nicolas est touche-à-tout : d’abord la peinture puis progressivement les décors et des scénographies pour le théâtre sans oublier des textes de chansons qu’il interprète lui-même. Les illustrations qu’il propose ici, oscillent entre le fauvisme et la bande dessinée. Vuillard semble l’inspirer. Son travail sur le flou et le traitement particulier de certain à-plats de couleur (surtout des fonds et des étoffes), sont plutôt originaux. L’ensemble est – filiation oblige ? – bien adapté au ton du récit.

Joséphine et les ombres
Conte lyrique en 2 actes
Le chant du monde 2003

(1) : Le parcours de nos interprètes dans le monde du chant baroque y est sans doute pour quelque chose. En effet, la façon de chanter propre à la période baroque est, je crois, un bon choix pour une découverte de la voix lyrique par les enfants – à l’opposé des voix « Wagnériennes » (je fais bien sûr référence à Richard Wagner et pas à Reinhardt Wagner notre compositeur du jour) qui avec leur vibrato large comme les hanches des cantatrices qui l’utilisent ne sont guère favorables à une claire compréhension des textes.

(2) : On trouvera peut-être que je fais bien des manières et que je sous-estime a priori la capacité des enfants d’aujourd’hui à apprécier des œuvres très différentes des productions majoritaires (mainstream en bon franglais) de notre époque. Mais il me semble que pour la plupart d’entre eux, le « classique » n’est vraiment pas familier. Les voix lyriques encore moins. Dommage, cet immense continent musical recèle bien des trésors. Sans vouloir enfoncer des portes ouvertes, je rappelle ici qu’une même personne peut très naturellement apprécier le rap et la musique classique, Chet Baker et Metallica etc… L’important c’est d’avoir accès à ces différents styles sans avoir à subir de jugements.
Quant au format, une heure d’écoute attentive, il va complètement à l’encontre des pratiques du jour : des séquences brèves et des images vidéo ou télévisuelles. Voilà pourquoi je suggère quelques stratagèmes pour amener notre jeune auditoire hors des sentiers battus – battus, que dis-je ? – laminés par le rouleau compresseur des produits commerciaux standardisés d’aujourd’hui.

LA CHANSON DU MOIS : DEUX MAINS DIX DOIGTS

soundcloud  Deux mains dix doigts / Musique et paroles : B.Viquesnel

 

 

Cette semaine, pour changer un peu, un arrangement à trois voix – soprano, alto, ténor – de la chanson titre de notre album « Deux mains dix doigts ». Elle est accompagnée par des tablas indiennes sur l’enregistrement. Il s’agit d’une chanson à geste très simple à laquelle on peut facilement ajouter des couplets.

*********

Deux mains, dix doigts sur un piano (poings fermé / doigts écartés / Prêt à jouer)
Dansent, dansent, dansent le tango (mimez le piano)

Deux mains, dix doigts sur mes deux joues, (poings fermé / doigts écartés …)
Tapent, tapent, tapent à petits coups.

Deux mains, dix doigts sur un banjo (poings fermé / doigts écartés / Prêt à jouer)
Grattent, grattent, grattent un fandango.

Deux mains, dix doigts sur ma brioche (poings fermé / doigts écartés …)
Tapent, tapent des noires et des croches. (la brioche, c’est le ventre bien sûr)

Deux mains, dix doigts je n’y peux rien, (poings fermé / doigts écartés …)
Chatouille, chatouille mon voisin.

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Soprano: Elodie Saint
Alto : Sarah Lecarpentier
Ténor : Benoît Viquesnel
Tablas : Walter Loureiro

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LA CHANSON DU MOIS : JASMIN

soundcloud   Jasmin / Musique et paroles : B.Viquesnel

 

 

Le dernier album de Mandarine, « Bel oiseau » est ponctué par quatre petites chansons A cappella qui évoquent les saisons. Les textes sont écrits un peu à la façon des haïkus japonais. Nous commençons par l’hiver, les suivantes viendront à leur tour.

Soprano: Virginie Lefèbvre
Alto : Stéphanie Boré
Ténor : Benjamin Chabert
Basse : Erwan Piriou

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LA CHANSON DU MOIS : FUNAMBULE

soundcloud   Funambule / Musique et paroles : B.Viquesnel

 

 

Il s’agit d’une danse que nous avons enregistré sur l’album « Le nouveau bal de Mandarine ». Cette version polyphonique était un peu le bonus du CD. La chanson en effet est enregistrée d’abord avec une voix, une guitare et un violoncelle. Pour le plaisir nous avons réuni tous les musiciens de Mandarine pour former une chorale éphémère qui a enregistré cette seconde version à quatre voix.

Pas de difficulté particulière dans la partition. Si vous ne faîtes pas danser le public, il faut si possible inventer quelques couplets pour remplacer les couplets originaux qui ne font que décrire les pas de danses. Ils pourraient raconter par exemple le sort réservé au funambule qui tombe, ou encore ce qu’en pense les crocodiles etc…                                                                                                                

FUNAMBULE (DANSE EN FILE INDIENNE)

Les danseurs se déplacent sur un fil imaginaire.

On peut dessiner un parcours sur le sol pour matérialiser le fil – à la craie dans la cour de récré, avec du ruban adhésif de couleur dans la salle des fêtes, etc…

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LA CHANSON DU MOIS : DANS SA GRANDE MAISON

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Dans sa grande maisonMusique et paroles : B.Viquesnel

 

Une mini-berceuse. C’est aussi une chanson à mimer. Nous l’avons enregistrée tout à la fin du disque « Deux mains dix doigts » en plage fantôme, cachée quelques minutes après la fin de la dernière plage. Ceci explique sa découpe un peu étrange : chantée trois fois de moins en moins fort avec un silence assez important entre chaque reprise.

Rien ne vous empêche, pour l’allonger un peu, d’ajouter des couplets. Voici par exemple une version avec deux couplets inventés par Marion Motte, une musicienne de la troupe.

Dans sa grande maison maman cherche son bébé,
Chut, chut pas de bruit, il s’est caché sous le lit.

Dans sa grande maison papa berce son bébé,
Chut, chut pas de bruit, le bébé s’est endormi.

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Téléchargez la partition.

Soprano : Elodie Saint
Alto : Sarah Lecarpentier
Ténor : Benoît Viquesnel
Basse : Denis Lefrançois

LA DISCOTHEQUE IDEALE DE MONSIEUR MANDARINE : LE JOUR DE LA LUNE

Le jour de la lune par la compagnie Papaq

De la scène au CD, il y a un monde. Ce n’est pas parce qu’un spectacle musical est réussi que l’enregistrement qui lui correspond l’est aussi. Et vice versa. Les « Papaq » s’en sont vraiment bien tirés. Le spectacle était excellent – c’était en 2002, trop tard donc pour aller le voir – , le CD est très bon aussi.
L’argument est simple : Mirabelle et P’tit Louis sont en vacances. À chaque jour d’une semaine bien chargée correspond une chanson. Le disque égraine la semaine : une courte plage dialoguée (valse du lundi, du mardi, du mercredi, etc.) met en scène une petite péripétie qui conduit à la chanson du jour. Voyons ça.

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Chanson des poubelles : Avant de faire des spectacles pour enfants, Papaq était un groupe de percussion. Sur ce CD et cette chanson en particulier, il en reste nettement quelque chose. Ça se passe dans une décharge, les objets usagés s’amusent comme des fous et nous aussi en entendant cette chanson un peu folle rythmée par un étonnant bric-à-brac musical : laitière, bouilloire, lessiveuse…

Leçon de natation : Chantée a cappella (sans instrument) la « leçon de natation » nous parle d’un drôle d’oiseau ou plutôt non, d’un drôle de poisson qui a peur de l’eau et refuse d’apprendre à nager.

Le ptérodactyle : À quoi ça sert, est-ce que c’est beau, est-ce que c’est chaud, est-ce que ça se conserve au frigo, est-ce qu’un eskimo peut l’emporter dans son traîneau ? Autant de questions qui resteront sans réponse au terme de cette chanson loufoque à souhait.

Va à la chasse : Pour aller à la chasse, il ne faut pas sentir bon, donc ne pas se laver. Un hymne pour tous les réfractaires de la salle de bain. Pas facile toutefois d’entonner le refrain : « un chasseur un vrai, un chasseur sachant chasser… »

Jardin secret : Très belle chanson, douce et pleine de poésie. Et qui aurait pu deviner le bel accompagnement musical que l’on peut obtenir en tapant sur… des pots de fleurs ?

Dis la petite souris : « … quand elle perd une dent qui s’occupe d’elle ? » Voilà la question à laquelle Mirabelle et P’tit Louis vont chercher une réponse. C’est une chanson à récapitulation qui accélère sans cesse. On y croise un souriceau, un lutin, une sorcière, les cloches de Pâques, une bonne fée et même le père Noël qui, peut-être, a la réponse.

Manchedi : Le jour où tout est à l’envers, où tout va de travers. Après avoir décrit un peu cette journée pas banale (les enfants grondent leurs parents, les policiers pourchassent les gens pour les embrasser… ), la semaine écoulée est repassée à l’envers : un petit extrait des 6 chansons précédentes est inclu dans la chanson. Un final acrobatique donc, original et très réussi.

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Le livret donne toutes les paroles. Les éléments de la chouette illustration de couverture, disséminés à travers les pages, animent, avec des photos du spectacle (chouettes aussi), une élégante mise en page. Et, ça j’adore, pour chaque chanson les instruments utilisés sont précisés. Il y en a de trois sortes. Ceux que tout le monde connait : tambours (de toutes sortes), accordéon, flûte, maracas. Des plus rares : kess-kess, cuatro, clochettes japonaise, contrebassine à tendeur. Et d’autres, plus inattendus : bouilloire, lessiveuse, grille à frigo, pot de fleurs.

Je me suis principalement penché sur les chansons, mais les plages de transition sont également très bien faites. D’ailleurs, à ce propos, je ne saurais trop vous recommander « Le roi Coléoptère » un conte musical de la compagnie Papaq. C’était juste avant « Le jour de Lune ». Le spectacle était excellent (trop tard aussi) et le CD est un petit bijou d’intelligence et de fantaisie.
Pour finir, sachez que deux des quatre musiciens du disque (Annette Banneville et Denis Monjanel) ont réalisé ensemble deux autres CD de chansons pour enfants : « Monsieur Filoche » et « Sans mes chaussettes : peurs d’enfance ».

LA DISCOTHEQUE IDEALE DE M. MANDARINE : Comptines du jardin d’Eden

Comptines du jardin d’Eden : 28 comptines juives

La collection « Comptines du Monde » de Didier Jeunesse (13 titres à ce jour) propose des livres-disques très bien illustrés et joliment réalisés avec des arrangements et une direction musicale de grande qualité. Comptines du jardin d’Eden est mon préféré.

Les chansons, toutes issues de la culture juive, sont chantées en arabe, araméen, hébreu, latino et yiddish. L’identité juive est magnifiquement plurielle, cet album en témoigne de façon on ne peut plus convaincante. Européen ou proche-oriental, traditionnel ou original, le répertoire a été collecté en région parisienne auprès des parents et des grands-parents porteur de la (des) culture(s) juive(s).

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Pour la musique, le feu d’artifice est tout aussi coloré : flamenco, raï, cordes tsiganes, oud, darbouka et you-you du Maghreb, berceuse yiddish et mélodie kletzmer, pas moins ! Paul Mindy et Christophe Hoarau semblent visiblement très inspirés par ces chansons, leurs arrangements sont tout simplement parfaits.
Mais la diversité des comptines du jardin d’Eden ne s’arrête pas là. Les émotions aussi sont à la fête. De la fantaisie la plus débridée aux heures noires du poignant destin des juifs pendant la seconde guerre mondiale, de la tendresse d’une berceuse apaisante aux jeux absurdes de l’enfance tout un monde se déploie au long de ces 28 plages.

Au bout du compte, au-delà des particularismes qu’immanquablement l’histoire et la géographie des peuples et des religions engendrent, c’est l’humanité toute entière qui chante ici. L’enfance, car c’est d’abord d’elle qu’il s’agit, nous suggère que les cultures sont secondes. Les berceuses, répertoire de l’enfance par excellence, illustre très bien ces affinités de l’enfance avec l’universalité de la destinée humaine. Celles, magnifiques, que l’on entend sur ce disque, toutes « typiques » qu’elles puissent être, nous en rappellent d’autres qui viennent des quatre coins du monde. C’est là, peut-être, la marque des grandes œuvres, elles jettent des ponts entre universel et particulier. L’histoire du peuple juif illustre parfaitement ces enjeux. La musique et l’enfance sont les briques et le ciment avec lequel ont bâti ces ponts – et surtout pas des murs.

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Le très beau livret, comme souvent dans cette collection, regorge d’informations passionnantes. Les textes des chansons (10 seulement dans la version CD) sont proposés en version bilingue avec, quand il y a lieu, une transcription dans l’alphabet d’origine (arabe et hébreu).

D’abord édité en 2005 en livre-disque, il est depuis 2009 disponible en CD.